La Chambre africaine de l’énergie a annoncé, le 21 juin 2024, que le gouvernement équato-guinéen, à travers le ministère des Mines et des Hydrocarbures et la société publique GEPetrol, a signé deux nouveaux contrats de partage de production sur le pétrole avec l’américain Chevron. L’on se souvient que ce groupe pétrolier a acquis, en août 2020, pour 13 milliards de dollars, les actifs de Noble Energy dans le secteur pétro-gazier équato-guinéen. Ces actifs, selon les parties, représentent 94 millions de barils de réserves prouvées développées, et 38 millions de barils de réserves prouvées non développées.
Les nouveaux contrats de partage de production, qui seront exécutés par Chevron, en partenariat avec la société pétrolière publique équato-guinéenne GEPetrol, « définissent des plans de développement clairs pour les actifs, y compris des dispositions sur les investissements minimums, les programmes d’exploration, le développement durable et les avantages pour l’État », précise la Chambre africaine de l’énergie.
« La signature de ces contrats de partage de production entre Chevron, GEPetrol et le ministère marque une étape importante dans nos efforts continus pour revitaliser le secteur en amont. Ce partenariat témoigne de l’engagement de la Guinée équatoriale à améliorer l’exploration et à stimuler la production offshore. Nous pensons que ces investissements entraîneront une résurgence de notre industrie pétrolière et gazière, contribuant ainsi de manière significative à notre économie nationale », a déclaré au cours de la cérémonie Antonio Oburu Ondo, le ministre équato-guinéen des Mines et des Hydrocarbures.
90% des exportations
En d’autres termes, le gouvernement équato-guinéen compte sur les investissements à réaliser par Chevron (le montant n’a pas été révélé) dans le cadre des deux nouveaux contrats de partage de production signés le 21 juin dernier, pour relancer la production pétrolière dans le pays. En effet, celle-ci est devenue progressivement poussive après le boom des années 2000, qui avait transfiguré la Guinée équatoriale et érigé ce pays de moins de 2 millions d’habitants au rang d’émirat pétrolier de l’Afrique centrale.
« L’économie équato-guinéenne a été bouleversée par la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996. Au cours de la décennie 2000, le PIB a été multiplié par plus de dix, et le pays est désormais quasiment mono-producteur des hydrocarbures, qui représentent plus de 90% de ses exportations. Cependant, la production pétrolière a entamé un déclin qui devrait se poursuivre graduellement à moyen terme, les principaux champs étant matures », peut-on lire dans une note de conjoncture récente, élaborée par la direction générale du Trésor du ministère français de l’Economie.
En effet, alors qu’elle culminait à 306 000 barils par jour en 2010, la production pétrolière équato-guinéenne a connu une « baisse moyenne de 7,4% par an » entre 2010 et 2022. Concrètement, elle a atteint 140 000 barils par jour en 2021, puis seulement 118 000 barils par jour en 2022, correspondant à une baisse de 159% sur une période de 12 ans, selon les chiffres compilés dans la note de conjoncture du ministère français de l’Économie.

