Le 26 janvier dernier à Abuja, une délégation équato-guinéenne, conduite par l'ambassadeur Francisco Edu Ngua Mangue, s'est rendue dans les installations du constructeur nigérian Innoson Vehicle Manufacturing Company (IVM). Accompagné de son homologue nigérian Ben Simon Onugha, et plusieurs hommes d'affaires de Malabo, dont le Prince Christopher Madu, CEO de Betex Travels Limited (plus grande agence/compagnie de voyage du pays), et Ndubuizu Anthonio, directeur général de Kenpetrus Energy Resources Ltd, la délégation équato-guinéenne a exploré les possibilités d'un partenariat de coentreprise dans le secteur automobile, conformément à un accord bilatéral de coopération économique qui lie les deux Etats. Les discussions ont porté sur la création d'une joint-venture entre les opérateurs économiques des deux pays. Au cours de cette visite, les capacités de production d'IVM sont passées en revue et les pourparlers ont été officiellement lancés, ouvrant la voie à une éventuelle collaboration industrielle.
IVM, fondée par l’homme d’affaires nigérian Innocent Chukwuma en 2007, fait partie du groupe de sociétés Innoson et dispose des capacités de production de plus de 60 000 véhicules par an. Elle produit notamment des véhicules lourds, des bus, des véhicules simples, motos, tricycles. 70% des composants de ces véhicules sont fabriqués localement, alors que les autres composantes proviennent de Chine, Japon ou Allemagne. Ses modèles, tels que les Fox, Umu et Uzo, sont conçus pour répondre aux besoins spécifiques des clients africains, notamment en termes de robustesse et de fiabilité sur les routes souvent difficiles du continent. Après près de 20 ans d’activités au Nigeria, sa valeur nette est estimée à 1,5 milliard de dollars, soit 937,6 milliards de Fcfa.
En Guinée Équatoriale, cette prise de contact intervient dans un contexte de transition économique. Face au déclin de la production pétrolière marqué par le vieillissement de certains champs pétroliers, le désengagement de certains industriels comme ExxonMobil et à la volatilité des cours du pétrole à l’international, le pays cherche à diversifier son économie, qui repose aujourd'hui à plus de 90% sur les recettes pétrolières. Bien que les données officielles sur le montant exact des importations de véhicules soient difficiles à obtenir, il est clair que ce secteur représente une part importante des importations du pays. En développant une industrie automobile locale, la Guinée Équatoriale espère ainsi réduire sa dépendance aux importations, limiter les fuites de devises et créer des emplois. L'objectif étant de stimuler les secteurs manufacturier, agricole, et touristique, afin de réduire la vulnérabilité du pays aux fluctuations des prix des matières premières.

