Créée le 14 mai dernier, la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (Saeg) est désormais pourvue de ses tout premiers organes dirigeants nommés le 25 juin dernier, au terme d’un Conseil des ministres présidé à Libreville par le chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ainsi, les personnalités ci-après ont été nommées aux postes suivants : Samson Ngomo (président du Conseil d’administration) ; Aubert Ndjila (directeur général) ; Calixte Mbeng (directeur général adjoint chargé de l’Agriculture) ; Jean Heyman Missanda (directeur général adjoint chargé de l’Elevage).
Une analyse du profil de ses nouveaux dirigeants fait ressortir que la plupart d’entre eux sont issus de la défunte Société de transformation agricole et développement rural (Sotrader S.A) dont le projet de décret de dissolution a été entérinée en conseil des ministres le 14 mai dernier. En effet, le président du Conseil d’administration et Directeur général occupaient déjà ses postes respectivement à la Sotrader. Calixte Mbeng, lui, est l’ancien coordinateur général du programme Graine (Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés).
Avec la nomination de ses dirigeants, la Saeg a pour ambitionner de réussir là où la défunte Sotrader a échoué. Née d’un partenariat public privé (PPP) entre l’État gabonais détenteur de 51% du capital et la société Olam 49%, la Sotrader S.A vivotait depuis 2015, l’année de sa création. En janvier 2019, la structure a même changé de configuration pour donner place à deux entités : Sotrader Cultures vivrières S.A dont le capital est entièrement détenu par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et Sotrader Graine entièrement détenue par le groupe singapourien Olam.
Seulement, lors d’une visite en avril dernier sur le site de la Sotrader à Ntoum, à 40 Km de Libreville, le Premier ministre de transition, Raymond Ndong Sima, a découvert que l’entreprise était dans un état de délabrement très avancé. Le chef du gouvernement a trouvé des silos pour préparer la provende en piteux état. Dans les ateliers, certains matériels non déballés rouillaient déjà. Des chambres froides étaient même encore dans leurs emballages d’usine. Les tracteurs et autres matériels devant servir à labourer le sol étaient dans la broussaille, de même que des charrues.
Pis, la Sotrader était endettée. Curieusement, en 2017, le gouvernement a annoncé l’annulation totale de la dette des coopératives vis-à-vis de la Sotrader sans en dévoiler le montant. Mais l’on sait que, dans le cas seulement de l’Ogooué Ivindo, cette Société, dont le rôle était d’aider dans le planting et la commercialisation des produits, a versé en 2016, près de 70 millions de Fcfa chaque mois (près d’un milliard de Fcfa en une année : Ndlr), à 170 coopératives, en attendant de procéder au recouvrement au moment des retombées financières des premières récoltes. Cet investissement est perdu.

