Le nom de la République du Congo est récemment apparu dans l’affaire Epstein. Non pas en lien avec le scandale qui fait la une depuis plusieurs jours, mais dans le cadre d’un dossier économique resté jusque-là méconnu. Selon les documents publiés par le département de la Justice américain, Jeffrey Epstein, le financier américain au centre de cette controverse, a failli investir dans un projet ambitieux : la création d’une banque privée destinée à gérer les recettes pétrolières du pays d’Afrique centrale. Resté à l’état de concept, ce projet visait à centraliser et sécuriser les flux financiers issus du pétrole congolais, tout en attirant des investisseurs internationaux. Les archives Epstein révèlent que l’ancien ministre britannique Peter Mandelson, alors cofondateur de la société de conseil Global Counsel, avait joué un rôle clé en tentant de rapprocher Brazzaville au financier américain.
Le dossier remonte à 2010, à un moment où le Congo cherchait à mieux structurer la gestion de ses revenus pétroliers. Dans un contexte de hausse des cours du brut et d’afflux de liquidités, Brazzaville explorait la création d’une banque privée adossée aux recettes pétrolières. L’idée consiste à sortir d’une gestion fragmentée, dépendante d’intermédiaires bancaires étrangers, pour bâtir un outil financier propre : une institution capable de gérer les recettes d’hydrocarbures, d’optimiser la trésorerie publique et de servir de plateforme pour attirer des capitaux internationaux. Le projet s’inscrit aussi dans une logique diplomatique : associer des investisseurs du Golfe ou d’Asie afin d’élargir les partenariats économiques du pays, au-delà de ses relations financières traditionnelles avec l’Europe.
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C’est dans ce cadre qu’un responsable congolais sollicite, en octobre 2010, l’appui de Peter Mandelson. L’ancien ministre britannique vient alors de quitter le gouvernement et a cofondé la société de conseil Global Counsel. Son carnet d’adresses, notamment au Moyen-Orient, doit permettre d’identifier des partenaires. Il présente le projet à de hauts responsables qataris, mais demandé également au responsable congolais de rencontrer Epstein, qui « en sait plus sur la finance que quiconque » et « est un bon ami et totalement digne de confiance », indiquent les documents.
Les courriels indiquent que Peter Mandelson avait envisagé de présenter le dossier congolais à Epstein et avait prévu une rencontre à Paris en janvier 2011, mais elle fut finalement annulée. À l’époque, Epstein avait déjà purgé une peine pour sollicitation de prostitution d’une mineure. La banque elle, n’a finalement jamais été créée.

