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Le Cameroun durcit les sanctions visant les commissaires aux comptes en cas de certification d’états financiers non conformes

Au Cameroun, la loi de finances 2026 durcit le régime de responsabilité des commissaires aux comptes. En cas de certification d’états financiers frauduleux ou inexacts, ces derniers s’exposent désormais à des sanctions renforcées, pouvant aller jusqu’à la radiation du registre régional de la CEMAC.

Publiée mercredi 14 janvier 2026 à 14:08:00Modifiée mercredi 14 janvier 2026 à 14:08:02Temps de lecture 3 minPar Cedrick JIONGO

Au Cameroun, l’État franchit une nouvelle étape dans le renforcement du contrôle des informations financières transmises à l’administration fiscale. Après avoir rendu obligatoire, depuis 2025, la certification des états financiers pour certaines catégories d’entreprises, la loi de finances 2026 élargit désormais le dispositif en resserrant la responsabilité des commissaires aux comptes eux-mêmes.

Lire aussi : Cameroun : l’État dévoile un budget 2026 de 8 816 milliards FCFA, soit 1 000 milliards de plus qu’en 2025

Pour rappel, la réforme introduite l’an dernier impose aux entreprises soumises à l’obligation de certification au titre du droit comptable OHADA (notamment les grandes entreprises, les sociétés anonymes et les entreprises de taille intermédiaire dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions FCFA) de joindre à leur déclaration statistique et fiscale une attestation de certification délivrée par un commissaire aux comptes habilité. Le non-respect de cette obligation est sanctionné par une amende de 50 millions FCFA, insusceptible de remise.

En 2026, le législateur va plus loin. La modification de l’article L.6 ter du Code général des impôts précise désormais les cas de faute grave susceptibles d’engager directement la responsabilité du commissaire aux comptes. Sont notamment visées « la validation d'états financiers comportant des fausses factures, de dissimulation du chiffre d'affaires, d'omission volontaire d'informations significatives, ou de toute autre manœuvre ayant pour effet de tromper l'administration fiscale sur la sincérité des comptes certifiés », précise l’alinéa 3.

Lire aussi : Cameroun : la masse salariale de l’État bondit à 1 753 milliards FCFA en 2025

Au-delà des sanctions prévues par les textes régissant la profession, l’administration fiscale pourra désormais solliciter l’émission d’un avertissement disciplinaire à l’encontre du commissaire aux comptes fautif. En cas de récidive, elle est habilitée à saisir la Commission compétente de la CEMAC en vue de sa radiation du registre régional des experts-comptables et commissaires aux comptes, ce qui équivaut à une interdiction d’exercer dans toute la sous-région.

À travers ce durcissement, l’État entend mettre fin aux pratiques de certification de complaisance, renforcer la fiabilité des bases d’imposition et sécuriser la mobilisation des recettes fiscales. La mission du commissaire aux comptes n’est ainsi plus perçue comme un simple acte technique, mais comme une responsabilité à portée publique, au cœur de la gouvernance financière et de la lutte contre la fraude fiscale.

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