Selon les données actualisées du ministère camerounais de l'élevage, des pêches et des industries animales (Minepia), le pays n’a pas atteint la cible de 200 450 tonnes de lait visée en 2023 d’après la Stratégie nationale de développement (SND 30) sur une demande estimée à 787 000 tonnes à l’horizon 2030. En effet, le Cameroun a produit 176 618 tonnes soit un taux de réalisation de 88% pour un manque de 23 832 tonnes de lait au cours de la période sous-revue. Ce qui donne un coup de pression aux pouvoirs publics camerounais dont l’ambition est pourtant d’assurer l'autosuffisance alimentaire afin de conquérir les marchés des sous régions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac).
Pour le Minepia, « la non-atteinte des objectifs de cette période pourrait s’expliquer par les différents chocs à savoir le conflit russo-ukrainien en 2022 et l’augmentation du prix du carburant en février 2023 », justifie le rapport sur la situation de la production et des importations du sous-secteur élevage pêches et industries animales consulté par EcoMatin.
Dépendance aux importations jusqu’en 2030
Le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026 censé entrer en marche au cours de cette année ne devrait cependant pas résorber les importations massives à court ou à moyen terme. Le document conçu par le ministère de l’Economie prévoit plutôt la fin de la dépendance de l'extérieur en 2035. Pour ce faire, « le Cameroun devra accroître sa production de 10% par an et importer en moyenne 239 000 tonnes », lit-on.
Lire aussi : Le Minepia distribue 164 vaches laitières aux éleveurs pour accroitre la production nationale
Pour réaliser cet objectif, il est indéniable selon le Piisah, de relever un certain nombre de défis. Il s’agit pour les plus urgents de : l’acquisition des infrastructures de conservation et de stockage et l’acquisition des infrastructures (de la chaîne de froid, étables, etc.) ; la structuration de la filière en interprofession indépendante ; le désenclavement des bassins de production ; la formation et le renforcement des capacités pour la maîtrise des processus de collecte, conservation, transport et transformation de lait. Toute chose qui devrait entraîner une production nationale de lait de 471 675 tonnes en 2035.
Evolution timide
En attendant la concrétisation de ce plan gouvernemental, le pays fait recours aux importations pour combler le déficit. A en croire l’Institut national de la statistique (INS) ; le statisticien gouvernemental, 17 217,9 tonnes de lait (-2,3%) en poudre ou concentré ont été importées en 2023 à hauteur de 35 milliards de Fcfa. Ce léger recul de la production laitière est sans doute lié à une progression de 3 010 tonnes (+2%) de la production en 2023 par rapport aux 173 608 tonnes enregistrées en 2022.
Le gouvernement attribue cette embellie à une « forte participation du secteur privé » et l’importation des vaches laitières « hautement productives ». Notons cependant que cette évolution semble pour le moment timide étant donné que le pays a accueilli depuis 2020; 495 génisses gestantes de race montbéliardes en provenance de France dont 165 en janvier 2023 avec une production laitière estimée à 40 litres par jour. Cette mesure rentre dans le cadre du projet de développement de l'élevage (Prodel) financé à hauteur de 134,1 millions de dollars (environ 78,4 milliards de Fcfa) sur une durée de 6 ans.

