Le Cameroun se prépare à accueillir de nouvelles cargaisons de riz indien non-basmati, après la levée des restrictions à l'exportation imposées par l'Inde en 2023. Cette décision, annoncée par les autorités indiennes en septembre 2024, pourrait marquer un tournant pour le marché camerounais, où le prix du riz connaît une flambée depuis plusieurs mois. Le gouvernement camerounais espère que ces nouvelles importations contribueront à une baisse significative des prix et à un rééquilibrage du marché intérieur.
L’annonce des pouvoirs publics indiens tombe à point nommé pour le Cameroun. Depuis juin 2023, le pays fait face à une augmentation des prix du riz, due à la rareté de certaines variétés prisées par les consommateurs, telles que le riz indien et thaïlandais. Les restrictions à l’exportation de riz imposées par l’Inde avaient pour objectif de garantir un approvisionnement suffisant pour sa population et de freiner la hausse des prix sur son marché intérieur.
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Cependant, ces mesures ont également impacté les importations au Cameroun, qui dépend largement de l’Inde pour son approvisionnement en riz. En effet, l’Inde représente 55,2% des importations de riz du Cameroun, devant la Thaïlande (34,9%), la Chine (6,2%) et le Vietnam (2,1%). La levée des restrictions s’accompagne désormais d’exonérations des tarifs douaniers sur le riz blanc non-basmati, ce qui devrait entraîner une baisse des prix.
Vers une réduction des prix (?)
Selon le ministère camerounais du Commerce, la nouvelle vague d'importations permettra de réduire le prix du riz sur le marché local. Un sac de 50 kilogrammes de riz indien, actuellement vendu à 23 000 Fcfa, pourrait désormais coûter 18 000 Fcfa, soit une baisse de 5 000 Fcfa. Cela ramènerait le prix au kilogramme à 400 Fcfa, contre 600 Fcfa actuellement pratiqués sur le marché. Un responsable du ministère confie : « Nous avons des tonnes de riz que les opérateurs attendent d’importer, en plus des 14 500 tonnes de riz chinois que nous avons déjà importées récemment. Avec ces nouvelles cargaisons, il sera difficile pour les commerçants de continuer à spéculer sur les prix. Des contrôles rigoureux seront menés pour garantir que les baisses de prix se répercutent effectivement sur le consommateur ».
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Pour renforcer ce contrôle, des inspections sur le terrain sont prévues afin de lutter contre toute tentative de spéculation ou de rétention des stocks. En avril 2024, plus de 300 sacs de riz avaient déjà été saisis par les autorités pour cause de pratiques illégales sur le marché.
Malgré cette bonne nouvelle pour les ménages camerounais, la forte dépendance du pays aux importations de riz reste un sujet de préoccupation. Le Cameroun produit chaque année environ 140 000 tonnes de riz, soit un peu plus de 20% de sa demande nationale, estimée à 630 000 tonnes. Ce déficit de plus de 500 000 tonnes est comblé par des importations, principalement en provenance d'Inde et de Thaïlande. Or, la production locale de riz paddy, bien que présente, est souvent exportée vers des pays voisins tels que le Nigeria et le Tchad, réduisant encore l’offre disponible pour le marché intérieur.

