Le gouvernement camerounais passe à la phase concrète de sa stratégie de structuration de la filière mines-métallurgie. Selon une correspondance signée le 8 avril par le directeur du cabinet du Premier ministre, une délégation du comité stratégique mis en place par Joseph Dion Ngute effectuera du 20 au 24 avril 2026 une descente dans plusieurs unités industrielles de Douala.
Placée sous la conduite du conseiller spécial Dr Tang Ahanda Barnabé, président du comité, la mission doit traduire sur le terrain les mesures d’intégration de la filière, depuis l’extraction minière jusqu’à la transformation des métaux et leur exportation. Les sites concernés appartiennent aux principaux membres de l’OCITRAM, l’organisation professionnelle qui fédère les grands transformateurs de métaux du pays. Il s’agit notamment de Aciéries du Cameroun, Alucam, Metafrique, Proalu et Prometal.
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Créée pour défendre les intérêts des industriels de la transformation des métaux, l’OCITRAM joue désormais un rôle central dans la préparation de la stratégie nationale. Elle sert d’interface entre les pouvoirs publics, les producteurs de minerai et les grands opérateurs industriels appelés à porter la montée en gamme métallurgique du pays. Selon des sources proches du dossier, une seconde mission est déjà envisagée au sein des entreprises minières afin de compléter le diagnostic sur l’ensemble de la chaîne de valeur et d’aligner l’amont extractif sur les besoins croissants des industriels locaux.
Transformer le surplus d’acier en avantage commercial
L’enjeu principal de cette tournée est de préparer les industriels à la prochaine étape : l’exportation régionale du surplus camerounais d’acier via la ZLECAF. Au fil des investissements réalisés ces dernières années, le Cameroun a progressivement porté ses capacités sidérurgiques à un niveau supérieur à la seule demande locale. Cette montée en puissance place désormais les industriels face à une nouvelle équation, celle de trouver des débouchés extérieurs capables d’absorber l’excédent.
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A noter que, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs avec un PIB combiné d'environ 3 400 milliards de dollars. Grâce à la suppression des barrières tarifaires sur 90 % des produits, elle permet de diversifier les débouchés et réduire la dépendance aux marchés extra-africains, encourage la transformation locale des matières premières et favorise l'intégration dans des chaînes de valeur régionales plus rentables.
Valeur ajoutée
Cette séquence s’inscrit dans les travaux du comité stratégique chargé de l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre d’un cadre de mesures pour l’intégration de la filière mines-métallurgie, mis sur pied en décembre 2025 par le Premier ministre. Placée sous la coordination des services du chef du gouvernement, cette instance a pour vocation de jeter les bases d’une chaîne intégrée reliant les futurs projets miniers de fer, de bauxite et de minerais critiques aux unités locales de transformation. Au-delà de la seule question de l’acier, le comité doit également identifier les contraintes qui freinent encore la compétitivité de la filière, notamment l’accès au minerai, le coût de l’énergie, la logistique portuaire et les normes nécessaires à la conquête des marchés africains. Pour Yaoundé, l’enjeu est désormais de relier plus étroitement l’essor des projets miniers à la montée en puissance des transformateurs locaux, afin de limiter les exportations de matières brutes et d’accroître la valeur ajoutée captée par l’économie nationale.
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