L’Etat du Cameroun a besoin d’environ 1 100 milliards de Fcfa pour réaliser le projet de construction de la digue-route entre Gobo et Kousseri dans la région de l’Extrême-Nord. La précision a été faite ce 20 février 2025 par Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l’Economie à l’occasion de la première session du comité de pilotage du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord (Psrdren)en cours de mise en œuvre depuis 2023.
En effet, le projet de construction d’une digue-route allant de Gobo jusqu’à Kousseri avait été annoncé le 20 septembre 2012 par le chef de l’Etat Paul Biya à Guirvidig (l’Extrême-Nord). Ce dernier effectuait une visite de réconfort aux populations qui venaient d'être frappées par de violentes inondations au bilan lourd : 12 personnes décédées, 01 personne disparue, 6 637 ménages sinistrés et près de 27 000 per-sonnes sans-abris. En plus d’éradiquer le phénomène de la furie des eaux qui afflige chaque année les Camerounais de cette partie du pays, « la mise en œuvre seule de ce programme peut permettre de nourrir le Cameroun ; de ne plus importer du riz, du maïs et du poisson… », faisait remarquer le 21 octobre 2023 à la radio nationale, Alhadji Magra Massaou, coordonnateur Psrdren.
Cependant, 13 ans après, il n’y a toujours pas de visibilité sur le financement, ce qui ne laisse pas présager pour les mois à venir, le démarrage effectif du projet « présidentiel ». Pour Alamine Ousmane Mey, « les démarches de mobilisation sont engagées afin de satisfaire à cet engagement du chef de l’Etat », a-t-il lancé. Si le membre du gouvernement n’a pas révélé l’identité des potentiels bailleurs de fonds susceptibles de financer le projet, Alhadji Magra Massaou indiquait il y a plus d’un an que celui-ci fait partie intégrante du plan présidentiel de construction de l’Extrême-Nord dont le coût prévisionnel est de 1 822 milliards de Fcfa. De ce point de vue, la construction de la digue-route représenterait 60% des besoins de reconstruction de cette région.
A en croire la même source, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) seraient l'une des options privilégiées du gouvernement. En 2023, le cadre du ministère de l'Economie signalait également que les études de faisabilité réalisées il y a plusieurs années nécessitaient une « actualisation » d’où certainement, le nouveau budget prévisionnel visiblement en hausse de 100 milliards de Fcfa par rapport aux 1 000 milliards de Fcfa estimés après la réalisation des études de faisabilité rendues depuis 2017.

