Le 30 mars 2026 à Yaoundé, Martin Mbarga Nguélé, Délégué général à la Sûreté nationale (DGSN), a lancé un séminaire de formation de cinq jours consacré à la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le recouvrement des avoirs criminels. Ces travaux, conjointement organisés avec l'OIPC-Interpol, visent à armer les institutions camerounaises (CONAC, ANIF, TCS, SRC, etc.) face aux nouvelles menaces financières. L'initiative portée par la Société de Recouvrement des Créances (SRC), fait suite à sa participation à la Conférence mondiale de l'Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC-Interpol), à Abu Dhabi en novembre2025. À cette occasion, la SRC, bras séculier de l'Etat en matière de recouvrement des avoirs indus, avait sollicité l’appui du Secrétariat général d’Interpol pour renforcer les capacités opérationnelles et stratégiques des administrations nationales dans la répression de la criminalité économique.
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Pour Marie-Rose Messi, Directrice générale de la SRC, l’efficacité du recouvrement passe désormais par une dimension transfrontalière. « L’efficacité des actions de recouvrement dépend également du déploiement à l’international, raison pour laquelle nous nous tournons vers Interpol pour nous aider à traquer les criminels économiques partout où ils se trouvent », a-t-elle expliqué.
Elle a notamment mis en avant l’apport technique d’Interpol, à travers ses notices internationales permettant de localiser les suspects et d’identifier leurs avoirs à travers le monde. Elle a aussi évoqué l’arrivée prochaine de la notice Silver, présentée comme un nouvel outil plus performant pour le gel et la traque des actifs criminels. « La SRC a été désignée structure étatique en charge de la gestion des biens gelés ou saisis dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux. C’est l’une de nos nouvelles missions », a-t-elle souligné, en insistant sur la nécessité de s’adapter à des mécanismes plus complexes comme les sociétés écrans ou l’usage des cryptoactifs.
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Le recours à Interpol apparaît stratégique. Selon l’expert camerounais Roland Evina Engolo, l’organisation réunit 196 pays membres et s’appuie sur huit bureaux régionaux couvrant l’ensemble du globe. La cheffe du bureau régional d’Interpol pour l’Afrique centrale, Chantal Apendeki Cinene, a illustré cette efficacité en citant l’opération Catalyst, menée en 2025 dans 40 pays et territoires, qui a permis de récupérer 439 millions de dollars, soit près de 263,4 milliards FCFA.
Si la SRC n’a pas encore chiffré précisément les avoirs à recouvrer à l’étranger, Martin Mbarga Nguélé a rappelé que les États perdent chaque année « des milliards de dollars » à cause de la criminalité financière. Selon le rapport pays 2025 de la Banque africaine de développement, le Cameroun aurait perdu environ 56 350,5 milliards FCFA entre 1970 et 2022 du fait du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, soit un manque à gagner annuel moyen de 1 084 milliards FCFA.

