Le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, a lancé le 19 septembre 2025 un appel à manifestation d’intérêt en vue de recruter un consultant pour la mise en place d’une académie professionnelle de la microfinance au Cameroun (APMC). Ce projet, dont les prévisions budgétaires n’ont pas encore été révélées, sera financé conjointement par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et l'État du Cameroun.
En effet, le Minfi recherche des entreprises potentiellement intéressées et qualifiées à réaliser l’APMC qui vise quatre principaux objectifs : « proposer un modèle de création d’une académie qui satisfait aux besoins du pays dans le domaine de la microfinance ; améliorer les mécanismes de la microfinance en adéquation avec la situation actuelle et la stratégie nationale de développement afin d’adapter les meilleures pratiques dans le secteur ; améliorer les pratiques dans le domaine de la microfinance à travers le modèle organisationnel et administratif de l’Académie et renforcer le niveau professionnel et l’efficacité des institutions de microfinance à travers les programmes de formation et services offerts par l’Académie ».
Le consultant retenu sera chargé de mener des études dont les livrables devront couvrir plusieurs aspects stratégiques et opérationnels. Il s’agit notamment de : préparer un rapport détaillant les initiatives et programmes existants au niveau national, et effectuer un inventaire des meilleures pratiques observées à l'échelle internationale ;évaluer les besoins précis du secteur en matière de formation professionnelle ;proposer un modèle d'entreprise pertinent pour l’Académie, ainsi qu'un modèle organisationnel et administratif ; établir le budget détaillé pour la mise en œuvre du plan d’action et proposer un mécanisme sécurisé pour son financement. Durée de la tâche : 18 mois.
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Ce projet gouvernemental de création d'une Académie n'est visiblement pas fortuit au regard de la crise et de l’instabilité que traverse le secteur des microfinances au Cameroun. La preuve, le nombre d'Établissements de Microfinances a connu une évolution en dents de scie. Après un pic à 500 EMF en 2017 (contre 412 en 2016), ce chiffre a chuté drastiquement à seulement 378 en 2023. Cette régression éloigne le Cameroun de son objectif ambitieux de compter 750 EMF d’ici 2030, tel que fixé par la Stratégie nationale de développement (SND30). D’où le besoin de professionnalisation et de stabilisation du secteur.
Dans un ouvrage publié en avril dernier, Serge Lionel Nkoum Me Nkoum, commissaire de la Commission bancaire d’Afrique centrale(Cobac), a dressé un diagnostic rigoureux du secteur. Son autopsie révèle entre autres, que le poids du secteur de la microfinance dans le secteur bancaire global est en évolution timide, passant de 10,45 % en 2016 à 17,2 % en 2023. Le cadre à la Direction générale du Trésor du Cameroun évoque également le non-respect de toutes les normes prudentielles Cobac par les EMF et surtout, l’absence d’un fonds de stabilité et de développement pour soutenir le secteur en cas de crise.
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