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Le capital de Source du pays passe de 1,2 à 3 milliards de FCFA

A l’origine de cette augmentation substantielle, la bonne santé des affaires du leader du marché camerounais des eaux minérales, qui a conduit à la compensation des créances de tous les actionnaires.

C’est vraisemblablement un bon filon. Celui du marché camerounais des eaux minérales. Au-delà de la concurrence qui y est rude, les acteurs semblent y faire de bonnes affaires. La preuve, le leader de ce marché vient d’annoncer, le 02 octobre dernier, au travers d’un procès-verbal d’une assemblée générale mixte de la société Source du pays  que celle-ci a augmenté son capital de 1,2 milliard à 3 milliards de FCFA. Selon le procès-verbal reçu par le notaire, il ressort que cette société a décidé d’augmenter son capital social à hauteur de 1,750 milliard FCFA. Ainsi, le capital initial étant de 1,250 milliard est désormais porté à 3 milliards FCFA, par compensation des créances de tous les actionnaires. Cette augmentation du capital de Source du pays qui commercialise les marques «Supermont » et « O’Pur », intervient dans un contexte de rude concurrence. A preuve, une marque comme « Semme » de Seme Noungon, propriétaire du Seme New Beach Hotel à Limbe, jadis concurrent dans ce secteur, a presque disparu en 2017. L’eau Sano, selon le rapport 2017 des Brasseries du Cameroun (Sabc), « ne doit sa survie qu’aux promotions permanentes de ses produits ». La Sabc, elle-même, confesse que ses propres ventes ont régressé de 21% au cours de la même période sous revue.

Seule Source du pays, grâce au rachat en 2016 des actifs de Nabco (ex-producteur de O’Pur), jadis détenus par le milliardaire camerounais Nana Bouba, maintient toujours son leadership sur le marché des eaux minérales avec 61,7% des parts de marché. La marque du magnat Nana Bouba Djoda a su s’imposer sur un marché de l’eau embouteillée très concurrentiel. Parmi ses coups d’éclat : un contrat de sponsoring avec la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Présente depuis quelques années sur le très disputé marché de l’eau embouteillée, la marque a déjà pu asseoir sa notoriété dans tout le pays et augmenter sa part de marché (15 % à 20 %, selon ses propres chiffres) en soutenant des manifestations sportives. Son coup d’éclat fut, en mars 2016, la signature d’un contrat de sponsoring avec la Fécafoot), damant le pion au poids lourd SEMC, filiale des Brasseries du Cameroun (60 % de part de marché en 2015), dont la marque Tangui était jusque-là inséparable des Lions indomptables. Autre atout, se renouveler face à la concurrence. Pour parvenir à une telle visibilité, Ôpur a bénéficié dans le Septentrion du réseau de la Société alimentaire du Cameroun (Soacam), leader dans la distribution des produits alimentaires du magnat Nana Bouba Djoda. « Dans le Sud du Cameroun, en revanche, principalement à Yaoundé et à Douala, une vingtaine de distributeurs spécialisés ont été recrutés pour implanter la marque », soulignait Amine Mohamadou.

Car, c’est une concurrence féroce qu’il a fallu affronter, notamment celle de Source du pays, qui s’est imposée à la deuxième place avec sa marque Soupermont) (33,4 % de part de marché), grâce à une politique de bas prix dont les dégâts se font encore sentir. L’entreprise a été obligée de s’aligner sur ce concurrent en fixant un prix compris entre 1 200 et 1 250 F CFA pour un pack de six bouteilles de 1,5 litre. En rappel, le marché des eaux minérales au Cameroun en 2017 était estimé à 1,2 million d’hectolitres, en progression de 6% par rapport à 2016, selon l’agence Nielsen.

Cap maintenu sur le marché dans eaux minérales

Elle garde donc sa main mise sur le marché des eaux minérales du Cameroun. La société Source du pays reste le leader de ce marché avec 61,7% de parts en 2018. Ce pourcentage de parts de marché détenu par Source du pays reste le même qu’en 2017. On se rappelle d’ailleurs que dans son rapport 2017, les Brasseries du Cameroun (Sabc) faisait savoir que la société Source du pays qui commercialise les marques « Supermont » et « O’Pur » maintenait son leadership sur les eaux minérales avec 61,7% des parts de marché. Source du pays, au cours de cette période sous revue, s’était déjà distinguée par l’agressivité de ses prix (le pack de 6 bouteilles de 1,5 litre était parfois vendu à 1 000 FCFA). Aussi, le lancement du format 20 litres avec fontaine qui avait permis d’intensifier la consommation à domicile et dans les lieux publics, selon le rapport.

De son côté, la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc) confessait que ses propres ventes avaient régressé de 21%, principalement en raison du non recyclage des ventes export, la forte concurrence, le retard dans le lancement de la marque « Vitale » et le déclin du parfum citron. En troisième position, Sano, selon le même rapport, ne devait sa survie « qu’aux promotions permanentes de ses produits ». Le format phare du marché (le pack de 6x 1,5 litre) s’étant vendu parfois à 1 250 FCFA. Ce qui lui avait permis de revenir sur le chemin de la croissance des parts de marché de 9,1% (soit une augmentation de 3%). Ce rapport faisait aussi remarquer que la marque « Semme » de Seme Noungon, propriétaire du Seme New Beach Hotel à Limbe, jadis concurrent dans ce secteur, avait disparu.

 Soumise à une rude concurrence depuis 2010, avec l’arrivée de trois nouveaux acteurs sur le marché, SEMC, qui produit l’eau minérale Source Tangui (32 % de parts de marché), avait perdu son leadership en 2016 au Cameroun, au profit des eaux Supermont (56 % de parts de marché), appartenant à Source du Pays, contrôlé par le Libanais Nessrallah el-Sahely. SEMC serait davantage fragilisée si Soboleco venait à attaquer aussi ses marchés traditionnels.

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