La compagnie française Corsair se serait bien passée de cette nouvelle. Alors que les discussions semblaient bien avancer, Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair, a annoncé ce 25 juillet que la République du Congo a renoncé à entrer dans le capital de la compagnie aérienne française. « En accord avec la République du Congo, nous avons décidé de limiter notre partenariat à la coopération commerciale et opérationnelle ainsi qu'à l'ouverture de la ligne Paris-Brazzaville », a-t-il déclaré à l'AFP. Cette future ligne élargira le réseau africain de Corsair qui dessert déjà Cotonou, Abidjan, Antananarivo et Bamako.
Initialement, Brazzaville avait prévu d'apporter 15 millions d'euros au tour de table, sur les 30 millions d'euros que l’entreprise recherche pour sa restructuration. Cependant, les autorités congolaises ont décidé de « concentrer leurs moyens, notamment financiers, sur le développement de leur compagnie nationale [ECAir, Ndlr.] », a expliqué Izaguirre. Cet apport aurait pourtant permis au pays de contrôler 40% du capital du transporteur français.
Ce retrait ne semble pas affecter le plan de restructuration de Corsair, puisque la compagnie a déjà trouvé un nouvel allié. « Un nouvel actionnaire privé français, patron d'un groupe industriel, viendra compléter le nouveau tour de table », a indiqué Izaguirre, sans dévoiler l'identité de ce nouvel investisseur pour l’instant.
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Le PDG de Corsair a tenu à rassurer que ce changement d’actionnaire n’affectera en rien le plan d'affaires ni le dossier en cours d'examen par la Commission européenne. En effet, depuis le 5 février dernier, la Commission européenne a décidé d'ouvrir une enquête approfondie sur le plan de restructuration de Corsair, justifiant cette décision par de nombreux doutes sur les mesures prises par la compagnie pour renouer avec la rentabilité et sur la légalité des financements attendus. « La Commission considère qu’il est douteux que l’aide accordée à Corsair dans le cadre de la prolongation [de sa restructuration] remplisse le critère du point 44 des lignes directrices S&R et note que le Plan de restructuration révisé semble plutôt indiquer que les mesures commerciales prises par Corsair afin de renouer avec la rentabilité vont précisément dans le sens contraire », note le document de l’instance européenne, cité par le média français Tourmag.
« Je continue à faire preuve de la même sérénité et de la même confiance pour l'examen de ce dossier », a affirmé Izaguirre. Pour rappel, c’est en décembre 2020, dans le contexte de la crise du Covid, que Bruxelles avait approuvé un plan de restructuration de l'entreprise, assorti de mesures de soutien de l'État français pour un montant total de 136,9 millions d'euros.
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Avec 1,41 million de passagers transportés, Corsair se classait en 2023 à la cinquième place des compagnies aériennes françaises, selon la Direction générale de l'Aviation civile. La compagnie vise, pour son exercice en cours, un retour à l'équilibre voire un bénéfice, après avoir perdu 37 millions d'euros en 2022-2023 et 114 millions l'année précédente. L’Afrique représente 20% de l’activité et du chiffre d’affaires de Corsair. Son PDG, Pascal de Izaguirre, envisage de porter ce ratio à 30% à terme, comme il l'a expliqué à Jeune Afrique le 10 avril.

