La République du Congo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures portuaires. Le 7 mai dernier, le gouvernement congolais a signé trois conventions avec le groupe émirati Abu Dhabi Ports (AD Ports Group) pour le développement du terminal Est du port en eau profonde de Pointe-Noire, principal hub maritime du pays.
Portés par un investissement global de 200 millions de dollars, soit plus de 111 milliards FCFA, ces accords visent notamment la construction d’un nouveau terminal à conteneurs de plus de 400 mètres linéaires. « Il s’agit de la création d’un nouveau terminal à conteneurs de plus de 400 mètres dont la première phase sera opérationnelle à fin 2028 », a indiqué Innocent Dimi, conseiller chargé de la promotion des partenariats public-privé au ministère de la Coopération internationale.
Lire aussi: Congo : AD Ports et CMA CGM s’allient pour un projet de 262 milliards de Fcfa au port de Pointe-Noire
Dans le détail, les contrats portent sur la conception et la construction des infrastructures maritimes et terrestres, ainsi que sur l’acquisition d’équipements portuaires destinés au futur terminal Noatum Ports Pointe-Noire. Deux contrats de travaux maritimes et d’infrastructures terrestres, d’une valeur cumulée d’environ 150 millions de dollars (83,4 milliards FCFA), ont été attribués au consortium MAR Contracting Sarlu – MBTP SA JV. Un troisième contrat, estimé à 50 millions de dollars (27,8 milliards FCFA), a été confié au chinois Shanghai Zhenhua Heavy Industries Co. Ltd pour la fourniture de trois grues STS (Ship-to-Shore), utilisées pour le chargement et le déchargement des conteneurs sur les navires, ainsi que neuf grues RTG (Rubber-Tyred Gantry), destinées à la manutention des conteneurs dans les terminaux.
Selon les autorités congolaises, ces accords constituent une étape majeure dans la mise en œuvre du contrat de concession signé en juin 2023 entre le Congo et AD Ports Group pour une durée de trente ans, renouvelable pour vingt années supplémentaires.
Lire aussi: Port de Pointe-Noire : AGL vise 2 millions d’EVP d’ici 2027 avec son nouveau quai
Le projet devrait également générer des retombées économiques importantes. Le gouvernement évoque jusqu’à 9 000 emplois directs et indirects dès la phase initiale du projet, dont environ 800 liés aux travaux de construction, 400 postes permanents d’exploitation et près de 7 000 emplois indirects induits par les activités logistiques et commerciales autour du port.
Pour AD Ports Group, cette opération marque une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion en Afrique centrale. En février 2026, le groupe avait déjà intégré le projet de terminal de vrac sec du port de Douala-Bonabéri, au Cameroun, à travers une concession de trente ans portée par Africa Ports Development (APD). Selon le Port autonome de Douala (PAD), AD Ports Group doit y détenir 60 % de la société d’exploitation, avec un intérêt économique effectif de 51 %.
Lire aussi:Performance des ports à conteneurs : Pointe-Noire perd 100 places au classement mondial
Ces investissements interviennent alors que plusieurs ports d’Afrique centrale cherchent à améliorer leur compétitivité logistique. Selon le rapport 2024 de la Banque mondiale sur la performance des ports à conteneurs, Pointe-Noire figure à la 401e place sur 403 ports évalués dans le monde, illustrant les difficultés persistantes en matière de fluidité opérationnelle et de performance logistique.
Les activités du port ont également reculé ces dernières années. En 2023, le tonnage global traité au port public de Pointe-Noire est tombé à 11,24 millions de tonnes, contre 13,36 millions de tonnes en 2022, soit une baisse de 16 %. Ce recul s’explique notamment par une chute de 21 % des importations et un repli de 10 % des exportations sur la période.

