La République du Congo a officiellement demandé l’ouverture de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier, alors que le pays reste confronté à un endettement parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne et à une croissance jugée insuffisante pour stabiliser durablement ses finances publiques.
Dans un communiqué publié le 11 mai, le ministère congolais des Finances indique que cette démarche vise à soutenir « les efforts engagés par le Gouvernement en faveur de la relance économique, de la maîtrise des finances publiques et du financement durable des priorités nationales ». Brazzaville précise qu’une mission technique du FMI est attendue « dans les prochaines semaines » afin d’engager les discussions sur les paramètres du futur programme.
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Cette demande intervient un peu plus d’un an après l’expiration, en mars 2025, du précédent programme conclu avec le FMI, d’un montant de 455 millions de dollars sur trois ans. Malgré plusieurs réformes budgétaires engagées ces dernières années, le Congo continue de faire face à un niveau d’endettement très élevé. Selon les projections du FMI, la dette publique devrait encore représenter 91,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, bien au-dessus du seuil communautaire de 70 % fixé dans la zone CEMAC.
Le gouvernement congolais rattache également cette initiative aux engagements pris par les chefs d’État de la CEMAC lors du sommet extraordinaire tenu le 22 janvier dernier à Brazzaville sous la présidence de Denis Sassou NGuesso. Les États membres y avaient réaffirmé leur volonté « d’inscrire l’ensemble des pays de la sous-région dans des programmes soutenus par le FMI » afin de préserver la stabilité macroéconomique régionale et renforcer la viabilité des finances publiques.
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Le retour du Congo vers le FMI intervient alors même que le pays a récemment renoué avec les marchés internationaux. En février 2026, Brazzaville a levé 700 millions de dollars via une émission d’euro-obligations afin de refinancer une partie de sa dette extérieure et intérieure. Cette nouvelle sollicitation montre toutefois que l’accès aux marchés financiers ne suffit pas à résoudre les déséquilibres structurels de l’économie congolaise, encore fortement dépendante des hydrocarbures et confrontée à une croissance modérée. Le FMI prévoit une progression du PIB limitée à 2,8 % en 2026, après une moyenne de 3,3 % ces dernières années.
« Le recours à un programme soutenu par le FMI constitue un levier essentiel », insiste le gouvernement, qui affirme vouloir poursuivre les réformes « avec responsabilité et transparence » afin de bâtir « une économie plus résiliente, plus diversifiée et davantage tournée vers l’avenir ».
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Cette nouvelle phase de discussions sera particulièrement suivie dans la sous-région, alors que plusieurs pays de la CEMAC cherchent à renforcer leurs réserves extérieures et à préserver les équilibres macroéconomiques dans un contexte de pression persistante sur les finances publiques et les devises régionales.

