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Le coup de pouce de la BVMAC à BGFIBank pour son entrée en bourse

Après sa levée de fonds, la Holding bancaire ne remplissait pas les conditions règlementaires pour entrer en Bourse. Le conseil d’administration de l’institution régionale présidé par Henri Claude Oyima, par ailleurs PDG de BGFI, en a décidé autrement.

Publiée jeudi 23 avril 2026 à 14:18:05Modifiée jeudi 23 avril 2026 à 14:35:00Temps de lecture 4 minPar Cedrick JIONGO

Henri-Claude Oyima, le PDG du groupe BGFIBank (c) BGFI Holding

Le boulevard est désormais ouvert pour l’arrivée de BGFI Holding à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC). Le 16 avril dernier, la maison mère du groupe BGFIBank, a officiellement été admise aux mécanismes du dépositaire central unique de la CEMAC. Cela signifie que ses actions sont désormais enregistrées et reconnues dans le système financier régional et donc peuvent faire l’objet d’une cotation à la BVMAC. Il reste donc à la holding, de concert avec les autorités régionales, de fixer la date de première cotation au cours de laquelle les 566 561 titres de participations d’une valeur de 45,3 milliards FCFA levées dans le cadre de l’IPO seront inscrits à la négociation. Ce serait la première fois que la BVMAC enregistre des actions d’une telle valeur. Mais cette avancée n’allait pas de soi. L’opération a en effet dû composer avec les exigences du règlement communautaire, dont la rigidité aurait pu freiner son aboutissement.

Dérogation

S’appuyant « les délibérations » du Conseil d'Administration de la BVMAC tenu le 09 avril, le Comité d’admission et de développement de la place boursière a décidé d’accorder à BGFI une « dérogation » afin de permettre son introduction en bourse. La raison ? L’opération ne remplissait pas les critères fixés par le règlement général adopté en avril 2025. L’article 74 du texte texte impose, en effet, aux entreprises ayant une capitalisation supérieure à 100 milliards de FCFA de diffuser au moins 10 % du capital et 2 millions d’actions au public avant d’être admises à la cote. 

Or pour BHC, l’IPO n’a permis de lever 45 milliards FCFA, alors que le montant correspondant aux 10% requis était de 126 milliards FCFA. Pour justifier cette dérogation, le  la BVMAC met en avant le caractère « historique » de l’opération. Celle-ci a mobilisé 7 601 souscripteurs répartis dans 24 pays et entraîné une hausse de près de 80 % du nombre d’investisseurs recensés dans la sous-région. Dans les coulisses, l’enjeu était aussi politique : écarter le premier groupe bancaire de la CEMAC aurait envoyé un signal dissuasif à un marché en quête de nouveaux émetteurs. D’autant que la BVMAC, qui ne compte encore que six sociétés cotées pour une capitalisation d’environ 74 milliards FCFA, peine à trouver un second souffle malgré la fusion avec la Douala Stock Exchange.

Contrepartie

En contrepartie, BHC a pris l’engagement de revenir ultérieurement sur le marché afin lever une enveloppe supplémentaire pour atteindre les seuils prévus par le règlement. Cette opération, attendue dans un délai de 18 mois selon des sources proches du dossier, s’inscrit dans une trajectoire progressive d’ouverture du capital.

Lire aussi : IPO de BGFI Holding : Henri-Claude Oyima salue “l’élargissement de l’actionnariat”

éParallèlement, le groupe bancaire devra mettre en place un dispositif d’animation de ses titres en concluant un contrat avec une ou plusieurs sociétés de bourse, afin d’en améliorer la liquidité et de les rendre plus attractifs, notamment pour les petits investisseurs. La première cotation interviendra dès la levée des réserves formulées par le régulateur, tandis que BHC est également tenu de s’acquitter de l’ensemble des frais liés à l’admission et au maintien de ses titres à la cote, conformément à la grille tarifaire en vigueur.

Lancée en novembre 2025 et clôturée le 6 février, l’IPO de BGFI a souffert des limites du marché financier régional. Le ticket d’entrée fixé à 800 000 FCFA pour dix actions a restreint la participation des petits investisseurs, tandis que les obligations souveraines continuent de capter l’essentiel de la liquidité. À fin février 2026, l’encours des titres publics atteignait 9 500 milliards FCFA, contre environ 1 400 milliards pour les dettes cotées à la BVMAC.

Lire aussi : BGFIBank Cameroun porte son capital à 50 milliards FCFA après une hausse de 18 % de son bénéfice

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