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Le Crédit foncier augmente de 95% son volume de crédit à l’économie

Avec ce rebond, le CFC a, au cours des 6 premiers mois de l’année 2020, dominé le marché de l’offre de crédit des établissements financiers, avec 45% des parts de marché.

Selon les données de la Beac, le Crédit foncier du Cameroun (CFC), bras séculier de l’Etat  en charge de financer les projets immobiliers, a terminé le 1er trimestre 2020 avec un volume de crédits à l’économie de 11,92 milliards de FCFA. Ce montant est en hausse de 95% par rapport au semestre précédent, mais aussi par rapport aux concours bancaires consentis au cours de l’exercice 2020. Selon le rapport de la Beac sur l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les Etablissements de crédits dans la Cemac, ce montant était de 9,34 milliards, soit 8,8 milliards au 1er semestre et 0,634 au second.

Avec ce rebond, le CFC a, au cours des 6 premiers mois de l’année 2020, dominé le marché de l’offre de crédit des établissements financiers, avec 45% des parts de marché.  La banque publique est secondée par Alios Finances Cameroun (29,76%), et la Société Camerounaise d’Equipement (16,88%). Le crédit bailleur Pro-PME boucle le classement avec 8,36% des parts de marché.

Lire aussi :  Le résultat net du Crédit foncier du Cameroun augmente de 21% en 2018

Avec cette nouvelle enveloppe le crédit foncier vient renforcer le volume de crédits déjà qu’il a déjà consenti aux agents économiques dont le premier client est l’Etat. D’après l’agence française de développement, près de 65 % des financements du CFC sont dirigés vers des promoteurs immobiliers publics tels que la Sic et la Maetur, et le tiers restant est destiné à des emprunts immobiliers contractés par des particuliers. Bien que l’Etat soit son principal client, la banque n’est pas à l’abri des contreperformances chroniques qu’affichent les entreprises relevant du portefeuille publiques. Selon un rapport du ministère des Finances consulté par l’agence Ecofin, le Crédit foncier a cumulé trois années successives de pertes comptables ; lesquels ont absorbé le capital de la société. « Pour chaque 100 francs CFA investis au capital de cette société, l’Etat du Cameroun qui en est l’actionnaire unique a en 2019, perdu 39,5 francs ».

 En raison de la dégradation continue des capitaux propres et selon les dispositions de l’Acte uniforme Ohada, le CFC devrait être en situation de cessation d’activités dans la mesure où, plus de la moitié de son capital social est absorbée par les résultats nets déficitaires cumulés. « Les avoirs du CFC au titre de la contribution au CFC évaluée à FCFA 257,491 milliards, collectée par le Trésor Public et en attente de reversement, permettrait de renforcer les capitaux propres, afin de respecter les ratios réglementaires de la Cobac» explique le rapport 2019 de la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques et parapubliques(CTR).

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Actuellement, le CFC fait face à des difficultés : les fonds disponibles couvrent seulement 10 % de la demande en financement du logement et le portefeuille de créances douteuses du CFC est conséquent. «Malgré des taux de sinistralité élevés, le CFC n’a pas eu recours à la Société de Recouvrement des Créances (SRC) de l’État du Cameroun. N’ayant pas accès à la totalité des ressources qui lui sont dues le CFC est à la recherche de nouvelles ressources de financement à long terme afin de poursuivre ses activités de prêteur en matière de crédits hypothécaires » explique l’AFD.

Rappelons que depuis sa création en 1977 jusqu’en décembre 2018,le CFC a mis à disposition de l’économie camerounaise plus de 420 milliards de FCFA qui ont servi au financement de près de 85 000 logements et à l’acquisition de 16 342 parcelles constructibles.  

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