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Le déclin des performances des opérateurs de téléphonie mobile persiste

En attendant la sortie officielle de l’association des opérateurs qui devrait se prononcer sur cette situation, certaines sources bien informées font état d’une perte de 96 milliards enregistrée par ces derniers en 2018.

Est-ce la fin de la période de vaches grasses pour les opérateurs du secteur de la téléphonie mobile au Cameroun ? Difficile de l’affirmer avec exactitude. Toujours est-il que l’embellie observée dans ce secteur pendant plusieurs années semble s’effriter depuis au moins 04 années déjà. En attendant la sortie officielle de l’association des opérateurs qui devrait se prononcer sur cette situation, certaines sources bien informées font état d’une perte de 96 milliards de FCFA enregistrée par ces derniers en 2018. Mais, pour étayer la thèse du déclin temporaire du secteur du mobile dans le pays, une source proche du dossier révèle qu’au cours des 4 dernières années, les trois opérateurs en activité au Cameroun (MTN, Orange et Nexttel) ont globalement perdu 4% de leur chiffre d’affaires. À en croire la même source, pour la seule année 2018, les entreprises de téléphonie mobile du pays ont enregistré une perte globale de 96 milliards de FCFA. La morosité affichée par le secteur de la téléphonie mobile au Cameroun, ces dernières années, est telle qu’une entreprise comme Orange Cameroun n’a pas distribué de dividende à ses actionnaires depuis 4 ans, apprend-on. Ces pertes enregistrées par les opérateurs, seraient consécutives à une augmentation des coûts de production, à une pression fiscale qualifiée d’« infernale », et aux nombreuses pénalités infligées ces dernières années aux entreprises par l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART).

Au demeurant, ces pertes ont dû être exacerbées ces trois dernières années par la crise sociopolitique en cours depuis fin 2016 dans les deux régions anglophones du Cameroun, que sont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. En effet, comme les entreprises agro-industrielles actives dans cette partie du pays, les opérateurs du mobile, notamment MTN Cameroon, le leader du marché camerounais, font face à une grosse perturbation de leurs activités, à cause notamment de la destruction de leurs équipements et de la difficulté à les dépanner, à cause de l’insécurité. Il rappeler que cette régression des performances des opérateurs du secteur des communications électroniques (téléphonie mobile et fixe, fourniture d’accès Internet, services télécoms à valeur ajoutée) au Cameroun, avait déjà été signalée par l’ART dans un rapport d’analyse du marché des communications électroniques en 2016, avec des revenus globaux déclarés, estimés à 574,44 milliards de FCFA au 31 décembre 2016. Cette baisse, qualifiée à cette époque d’«inédite» de 0,5%, selon le régulateur, était «paradoxalement» intervenue «dans un contexte marqué par l’évolution du nombre d’opérateurs concessionnaires, l’effervescence de l’activité concurrentielle et l’implémentation de mesures en faveur du développement de l’économie numérique au Cameroun».

A en croire l’analyse de l’ART, cette régression quoique infime, était principalement le fait des «segments de marché de la téléphonie mobile et de la fourniture d’accès à Internet», sur lesquels, des régressions respectives de -2,27% et de -4,32% avaient été enregistrées au cours de l’année sous-revue. Une situation d’autant plus compréhensible que ces deux segments du marché sont les plus concernés par la multiplication des offres promotionnelles lancées par les opérateurs, avec pour but principal d’attirer le maximum de clients dans un environnement devenu de plus en plus concurrentiel.

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