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Le français Jean-Pierre Champeaux, nouveau Directeur général de Sosucam

L’ex-Dg de Sucaf Côte d’Ivoire, autre filiale du français Somdiaa, remplace Samuel Second Libock, qui a fait un an au poste.

Moins d’un après le départ du Français Alexandre Vilgrain et son remplacement en catimini par le Camerounais Samuel Second Libock, la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) a un nouveau directeur général. Il s’agit du Français Jean-Pierre Champeaux, qui dirigeait jusque-là la Sucrerie africaine (Sucaf), filiale du groupe français Somdiaa en Côte d’Ivoire. C’est en effet le même groupe qui détient l’essentiel des parts de la Sosucam. Le limogeage de Samuel Libock a été décidé au terme d’une session extraordinaire du conseil d’administration de l’entreprise tenue ce jour et, il est intervient à peine un an après sa promotion. Dans la foulée de cette décision, un nouveau directeur général a été nommé, en la personne de Jean-Louis Liscio, qui sort de la maison mère Somdiaa, où il occupait les fonction de directeur des opération et des risques. Ce dernier remplace Emmanuel Castells, qui était en poste depuis seulement l’an dernier. Ces changements interviennent sur fond de crise chez le géant de l’agroalimentaire, souvent cité comme le troisième employeur du Cameroun avec un peu plus de 7000 employés toutes catégories confondues. Depuis au moins 2018, l’entreprise est confrontée à des crises internes à répétition, crises alimentées selon des sources concordantes, par certains cadres à des fins de règlements de comptes.  

Depuis le départ de Louis Yinda qui a dirigé d’une main de fer la Sosucam pendant 26 ans en qualité de Président-directeur général, en 2018 – il est décédé en mars 2022 à l’âge de 74 ans -, beaucoup de ses proches supposés ou réels restés dans l’entreprise ont fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières. Beaucoup ont même quitté la barque. En 2021, le top management de la Sosucam s’était brouillé avec le gouvernement camerounais au sujet de la décision de l’entreprise de se séparer de 250 employés. Il s’agissait en réalité de licenciements économiques – les performances financières avaient dévissé depuis 2020 – voilés sous le motif de l’« insuffisance professionnelle ». Au regard du timing de ce changement, le tandem Libock-Castells, nommé l’an dernier pour apaiser le climat social au sein du géant sucrier et le remettre sur le chemin de la croissance, n’a manifestement pas été à la hauteur. Les défis de Jean-Pierre Champeau à la tête de la Sosucam sont donc énormes : ramener la sérénité dans la maison en recréant de la confiance au sein de la force ouvrière, restructurer l’entreprise et la remettre sur le chemin de la croissance.

Mauvaise passe

Le nouveau directeur général a occupé par le passé le poste de directeur d’usine de Sosucam. Ses derniers résultats à la tête de la Sucaf-Ci poussent à l’optimisme. Il a réussi à atteindre une production de 112 324 tonnes de sucre pour une récolte record de 1 151 000  tonnes de cannes au cours de la campagne sucrière 2021-2022, et s’était engagé franchir la barre de 125 000 tonnes de sucre d’ici à l’horizon 2025. Cette filiale a fait face, entre 2018 et 2021, à d’énormes difficultés liées à la dégradation des conditions climatiques et à des problèmes agronomiques. Mais les performances de la dernière campagne, par rapport à l’année 2018 où la production a culminé à 108 801 tonnes de sucre, montrent que la Sucaf-Ci se remet de mauvaise passe.   

Pour mémoire, créée en 1964, la Sosucam est détenue à 72,7% par le groupe français Somdiaa, et 27,3% du capital est réparti entre l’État du Cameroun, des investisseurs privés et le personnel. L’entreprise cultive 18.700 hectares de plantations de cannes à sucre à Mbandjock et Nkoteng. Elle produit en moyenne 130.000 tonnes de sucre annuellement. La Sosucam, c’est également 8000 employés, une masse salariale d’environ 14 milliards Fcfa par an et un chiffre d’affaires annuel d’environ 60 milliards Fcfa en 2019.  

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