Le 14 août 2024, le gouvernement gabonais a reçu au Port d’Owendo, une cargaison constituée de plus de 200 engins pour les travaux routiers et agricoles. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé mais l'on constate que bon nombre de ces engins sont estampillés au nom du groupe ''Ebomaf'' entreprise du secteur des BTP appartenant au Burkinabè Mahamadou Bonkoungou. Cette acquisition intervient après validation du Plan national de développement pour la transition (Pndt) qui table sur environ 1 333 milliards de Fcfa pour développer les transports à travers les études, la réhabilitation, des routes prioritaires et autres routes prioritaires sur la période 2024-2027.
Selon le ministre gabonais des Transports, le Général Flavien Nzengui Nzoundou, «les Gabonais ont souffert ces 10 dernières années du mauvais état du réseau routier. Ce sentiment de déception a été exprimé lors des assises qui se sont tenues en juillet au cours desquelles les Gabonais ont demandé à ce que la régie (ensemble des subdivisions des travaux publics) soit réhabilitée », a-t-il déclaré à la presse. Une déclaration qui n’est pas fortuite à la lecture des chiffres officiels : environ 20% du linéaire de routes bitumées au Gabon (2 771 km) sur une total estimé à 10 344 km.
D’après les précisions apportées par le ministère de l’Economie et des Participations, ces engins seront principalement utilisés pour la construction de la voie de contournement à Malibé 2 (Nord de Libreville) longue d’une centaine de kilomètres. De plus, apprend-t-on, une partie de ces engins permettra de redynamiser les activités des subventions des Travaux publics afin de garantir un meilleur entretien du réseau routier national. Pour le ministre Mays Mouissi, outre les BTP, « le deuxième problème c’est celui de l’agriculture qui n’a jamais véritablement démarré parce que les agriculteurs ont toujours été sous-équipés ».
A en croire un rapport publié par la Direction générale du Trésor français en 2018, le Gabon reste dépendant des denrées alimentaires vis-à-vis de l’extérieur. La raison, malgré un potentiel de 5,2 millions de terres arables et un climat propice à l’activité agricole, les importations fournissent environ 60% des biens alimentaires consommés dans ce pays de la Cemac et l’agriculture ne contribue qu’à hauteur de 3,8% du PIB à la période sous-revue. La même source ajoute que la contribution de l’agriculture à la formation du PIB gabonais a progressivement « décliné » au cours des dernières décennies suite à la découverte et l'exploitation des ressources pétrolières. L’acquisition des engins agricoles permettrait donc au pays d’Oligui Nguema de jouer « un rôle crucial dans la mise en œuvre de la politique agricole du Gabon, en contribuant notamment au développement du secteur et en renforçant la productivité des exploitations », espère Mays Mouissi.

