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Le Gabon demande officiellement un programme avec le FMI

Le 26 février dernier, le chef de l’Etat gabonais a instruit son gouvernement d’accélérer les démarches en vue d’un nouveau programme avec le FMI plus tard en mai.

Publiée mercredi 11 mars 2026 à 17:53:40Modifiée mercredi 11 mars 2026 à 17:53:42Temps de lecture 5 minPar Marius Zogo

Le gouvernement gabonais a formellement soumis une demande pour l'ouverture d'un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon des déclarations du porte-parole de l’institution de Bretton Woods confiées à l'agence Reuters ce 11 mars, cette requête a été transmise lors d'une mission technique conduite à Libreville par Aliona Cebotari, du 25 février au 6 mars 2026. « Pendant la mission, les autorités ont fait une demande officielle pour un accord avec le FMI. Les discussions avec les autorités se poursuivront dans les semaines à venir, y compris lors des prochaines réunions de printemps du FMI », a-t-il déclaré.

Lire aussi : Gabon : Oligui Nguema donne deux mois à son gouvernement pour conclure un nouveau programme avec le FMI

Soulignons que le dernier programme du Gabon– une facilité de trois ans approuvés en 2021 – « a dévié de la trajectoire » seulement un an plus tard, selon le FMI. Environ 5 ans après la suspension, Libreville a relancé les discussions avec cette institution de Bretton Woods. Le rapprochement entre Libreville et le FMI s’est accéléré dès mai 2025, lorsque le gouvernement a convié une équipe technique pour le mois de juin suivant. Ce dialogue s'est consolidé le 5 novembre 2025, lors de l'audience accordée par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, à Abebe Aemro Selassie, alors directeur du département Afrique du FMI. Les échanges portaient déjà sur le renforcement de la gouvernance, la transparence des finances publiques et l’amélioration des conditions de vie des Gabonais.

Lire aussi : Gabon : vers un nouveau programme économique avec le FMI après trois années de suspension

Le 12 janvier 2026, au cours d'une rencontre avec le nouveau ministre gabonais de l'Économie, Thierry Minko, le représentant du FMI, Alain Gaugris, a indiqué que le Fonds était « impatient de mener des actions concrètes pour aider les autorités à concrétiser la vision du Président de la République ». Neuf jours plus tard, le 21 janvier, le gouvernement gabonais a annoncé l’intention de renouer un programme économique de croissance avec le FMI, aligné dans l’intérêt macroéconomique de la sous-région CEMAC et répondant aux ambitions de développement économique et social du pays.

Lire aussi : Gabon : le FMI appelle à la prudence budgétaire avant un nouveau programme

La demande d’un accord avec le FMI n’est pas fortuite. Elle émane du le Sommet des chefs d’Etats tenu le 22 janvier 2026 à Brazzaville au Congo, qui a recommandé aux Etats de « négocier et conclure ou poursuivre les programmes économiques et financiers avec le FMI ». Entretemps, alors que le président de la Brice Clotaire Oligui Nguema, a instruit son ministre de l'Économie d'accélérer les démarches pour aboutir à un accord « au plus tard au mois de mai », les analystes de Fitch Ratings affichent un certain pessimisme.

En effet, pour José Mantero, analyste souverain chez Fitch Ratings, « le programme est loin d’être conclu ». Interrogé par Reuters, il explique que « d’importants obstacles subsistent, notamment la politique budgétaire expansionniste du gouvernement et la probabilité de réformes drastiques et impopulaires, deux défis politiques dans le contexte actuel ». Cette analyse de Fitch vient renchérir la recommandation faite par le FMI qui insiste sur « l’importance cruciale de mener des politiques budgétaires et financières prudentes pour préserver la stabilité macroéconomique au Gabon et dans la région ».

Pour sa part, le président Brice Clotaire Oligui Nguema considère qu’un accord avec le Fonds constitue une étape incontournable. « La conclusion d’un programme économique et financier avec le FMI constitue une nécessité stratégique. Au-delà d’un exercice technique, il s’agit d’un gage de crédibilité destiné à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers et à sécuriser les conditions d’accompagnement du programme national de transformation économique ».

Lire aussi : Gabon : le FMI appelle à la prudence budgétaire avant un nouveau programme

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