Le 25 juillet 2025 à Libreville, les autorités gabonaises ont officiellement lancé le Plan national de croissance et de développement (PNCD), présenté comme l’instrument central de transformation économique du pays à l’horizon 2030. Porté par le ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, ce plan qui couvrira la période 2026-2030, vise à faire passer le taux de croissance du pays de 2,7 % actuellement à 10 % par an.
« Le modèle économique du Gabon a aujourd’hui atteint ses limites. Nous devons restructurer notre manière de produire et de financer le développement pour créer la richesse », a déclaré Henri-Claude Oyima lors de la présentation du plan. Selon lui, cette ambition tient compte de plusieurs paramètres : une croissance démographique estimée à près de 3 % par an, une inflation persistante, et un coût de financement croissant, notamment avec un taux marginal de la Banque mondiale autour de 6 %. « Quand j’actionne tous ces éléments, nous fleurons carrément les 10 % », a-t-il estimé.
Lire aussi : Le Gabon négocie 131,1 milliards de Fcfa auprès d'Afreximbank pour financer son plan national de développement
Concrètement, le PNCD repose sur un besoin de financement global évalué à 10 000 milliards FCFA. Pour le mobiliser, le gouvernement prévoit d’activer trois leviers : une meilleure collecte des ressources internes, un recours stratégique à la dette extérieure via les bailleurs multilatéraux, et une implication accrue du secteur privé à travers des partenariats public-privé (PPP). À cela s’ajoute une réforme de la gouvernance budgétaire, avec la rationalisation des dépenses publiques, un audit des subventions et une revue ciblée des exonérations fiscales.
Près de 10 projets attendus
Les projets phares du plan concernent plusieurs secteurs. En matière d’infrastructures, il est prévu la construction de ports en eau profonde à Mayumba, Libreville et Port-Gentil, le développement de corridors ferroviaires miniers et industriels, ainsi que la modernisation des axes routiers stratégiques, dont le contournement d’Owendo. Le secteur énergétique bénéficiera de projets hydroélectriques comme Kinguélé Aval et Ngoulmendjim, en plus du renforcement des capacités solaires et thermiques.
Le plan prévoit également des investissements majeurs dans l’agriculture, la transformation locale, le numérique (avec la création d’un data center national), l’éducation technique et professionnelle, ainsi que dans les zones économiques spéciales, pour stimuler l’industrialisation.
Lire aussi : Le Gabon veut capter l’épargne informelle dans la Cemac estimée à 5 000 milliards de FCFA
Pour garantir l’efficacité de l’ensemble, une architecture institutionnelle renforcée sera mise en place. Un mécanisme de suivi et d’évaluation régulier est prévu, avec la présentation d’un rapport d’exécution chaque année lors d’un Forum économique gabonais, organisé avant l’adoption de chaque loi de finances. « Cette approche vise à assurer la traçabilité des investissements, la transparence dans l’utilisation des fonds et l’adaptation continue des politiques publiques », a précisé Henri-Claude Oyima.
Du côté des partenaires, le Gabon entend s’appuyer sur les bailleurs traditionnels comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD), la BDEAC ou encore l’Union européenne, à travers des financements mixtes. En parallèle, le gouvernement sollicite l’appui du secteur bancaire national et des investisseurs institutionnels pour ancrer davantage le financement du développement à l’intérieur du pays.

