Dans l’optique de booster ses recettes fiscales, le ministère gabonais des Eaux et Forêts vient de lancer une opération de récupération de bois abandonnés sur l’étendue du territoire. « L'administration forestière considère les bois abandonnés ou exploités sans autorisation comme propriété de l'État. Cette valorisation permettra donc d'optimiser les recettes fiscales et de contribuer à la gestion durable des ressources forestières du Gabon », indique le ministère.
La source souligne que cette opération pilote a débuté dans les parcs à bois du village Mefou, à proximité de Kango, et dans la zone de Dengola, aux alentours de Cocobeach. Les deux acquéreurs désignés pour cette première phase sont la Société Chrétienne Location Matériel et Sciage (Sclmbs) et l'Entreprise d'exploitation forestière de l'Équateur (EEFE). Aussi, cette initiative de valorisation des bois abandonnés s'étend déjà aux provinces du Moyen-Ogooué, de la Nyanga et de la Ngounié. « L'opération en cours dans l'Estuaire s'inscrit dans la continuité de ce programme et sera prochainement déployée dans les provinces du Woleu-Ntem et de l'Ogooué-Ivindo », annonce le ministère en charge des Forêts.
Entre 2010 et 2021, la contribution du secteur bois au produit intérieur brut (PIB) du Gabon est passée de 116 milliards à 444 milliards de Fcfa, selon les chiffres officiels. Au cours de la période sous revue, la contribution de l’industrie du bois à la richesse nationale est passée de 62 milliards à 287 milliards de Fcfa, soit une progression de 463% ; alors que la contribution de l’exploitation forestière a augmenté de 300% pour se situer à 157 milliards de FCFA. Le bois (bois sciés et ouvrages en bois), lui, a représenté 15% des exportations du pays en 2021 et est devenu le second produit d’exportation du pays derrière le pétrole et devant le manganèse. Ce qui classe le Gabon comme le deuxième producteur en Afrique de bois scié (10e au monde) et le premier producteur de placages (2e au monde).
Actuellement, 16 millions d’hectares de permis forestiers sont gérés au Gabon. Le pays a adopté pour 2024 un budget équilibré de dépenses et en recettes de 4 162 milliards de Fcfa, en hausse de 559,7 milliards (+13,5%) comparés à 2023. Pour atteindre ces objectifs, l’Etat doit collecter 2 729,7 milliards de Fcfa de recettes budgétaires nettes (65,6% du budget). Ce montant serait principalement porté par les recettes fiscales projetées à plus de 1 760 milliards de Fcfa en 2024. Sous ce rapport, au cours des trois premiers mois de l’année 2024, le Gabon a déjà mobilisé environ 20% des recettes fiscales attendues en 2024 contre 27,1% des 426,2 milliards de Fcfa de recettes douanières projetées.

