Le gouvernement gabonais a annoncé le 23 juin dernier la suspension immédiate des activités de recherche et d'exploitation de l'or à petite échelle sur l’ensemble de son territoire. « Face à l'ampleur des pratiques illicites et afin de permettre un assainissement complet du secteur aurifère national, le ministère des Mines et des Ressources géologiques décide, à compter de la date de signature du présent communiqué [le 22 juin] de suspendre l'exploitation et la petite mine d'or sur l'ensemble du territoire national », a déclaré le Général de division Adolphe Yonghan, Secrétaire général du ministère des Mines.
Le ministère justifie cette décision par des dérives constatées dans le secteur. En effet, selon le texte signé par Sosthène Nguema Nguema, un vaste réseau d'exploitation illégale d'or a été démantelé dans la province de la Ngounié, au Sud du pays, à environ 450 kilomètres de Libreville, dans le cadre d'une opération conjointe avec le ministère de la Défense nationale.
Les investigations sur le terrain ont révélé l'existence d'activités minières clandestines, impliquant des étrangers, dont certains sont clairement identifiés comme étant Chinois et Camerounais. « Cette situation a entraîné des atteintes graves à l'ordre public, à l'environnement ainsi qu'aux intérêts économiques de l'État », déplore le communiqué.
Pour Libreville, cette mesure vise également à renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance des sites. Elle ambitionne aussi de préserver les intérêts stratégiques de l'État et des communautés locales, tout en luttant contre l’orpaillage clandestin, la fraude et les trafics associés.
Lire aussi : Gabon : 55 personnes arrêtées dans le démantèlement d'un vaste réseau d'orpaillage clandestin
Durant cette période de suspension, la directive prévoit qu’aucune activité de prospection, de recherche ou d'exploitation relevant de la petite mine ne pourra être exercée sans l'autorisation expresse du ministère des Mines. Cette mesure, bien que temporaire, pourrait directement impacter les opérateurs actifs dans ce segment au Gabon, parmi lesquels le groupe marocain Managem, détenteur de plusieurs titres ou la société Emiga.
La mesure de suspension est prise au moment où le pays cherche à doubler sa production d’or afin d’atteindre 800 kilogrammes, d'améliorer la contribution du secteur minier (hors manganèse) à l’économie nationale dans un contexte de baisse des revenus pétroliers.
Le gouvernement appelle les opérateurs à faire preuve de responsabilité et à collaborer avec les autorités dans le cadre de cet assainissement, tout en chargeant les services du ministère, en liaison avec les forces de défense et de sécurité, de veiller à l'application stricte de cette décision.
Par cette mesure jugée de radicale, le Gabon accélère une dynamique de reprise en main du secteur qui, selon plusieurs experts, tarde à se concrétiser au Cameroun voisin. Le pays de Paul Biya est aussi victime de ces pratiques illégales d’orpaillage mais, n'a pas encore opté pour une suspension globale afin de stopper l’orpaillage clandestin.
Lire aussi : Cameroun : plus de 190 sociétés étrangères épinglées pour exploitation illégale d’or

