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Le Gps indisponible au port de Douala

Les transporteurs terrestres du corridor Douala-Bangui-Ndjamena sont aux abois. Ils s'inquiètent de la récurrence des retards sur la pose des balises de Gps sur leurs cargaisons.

C’est le 12 juin 2009 que le gouvernement camerounais décide de recourir au Global Positionning System, le Gps. Un dispositif électronique de suivi, contrôle et géolocalisation des marchandises et cargaisons sous douane, en transit sur le territoire camerounais. L’objectif de ce système baptisé  » Nexus Cameroon Customs Gps  » visait à déterminer en temps réel, la position géographique du moyen de transport et de sa cargaison sur le territoire douanier national grâce à des relevés électroniques des activités des intervenants de la chaîne de transit et d’exportation des marchandises sous TVA. Ce nouveau moyen permettait également au trésor public camerounais d’éviter des pertes financières consécutives aux fraudes dans les déclarations de marchandises des exportateurs, importateurs et transitaires de la sous-région Cemac. Ceux du Tchad et de la Centrafrique notamment, deux pays de l’hinterland dépourvus de façade maritime, obligés de s’attacher les services du port de Douala. Ce, en complicité avec certains consignataires, commissionnaires agréés en douane ou transporteurs camerounais. Selon les experts, le trésor public camerounais enregistrait ainsi des pertes de 100 milliards de FCFA annuellement. Pertes causées par de fausses déclarations de transit de marchandises visant à bénéficier d’exonérations de douanes. Pourtant, lesdites marchandises sont finalement écoulées sur le territoire camerounais.

Si dès son lancement ce dispositif a été bien accueilli par la chaîne des acteurs de l’import/export de la sous-région, il est actuellement fortement décrié. Descente sur le terrain. Terminal « Clinker » au port autonome de Douala, haut lieu de chargement de cet additif essentiel à la fabrication du ciment. Une vingtaine de camions sont stationnés. Camions appartenant essentiellement aux transporteurs tchadiens et centrafricains. Le chauffeur Rimtebaye, de nationalité tchadienne se confie:  » nous attendons les balises depuis 25 jours aujourd’hui. Nous avons nos chargements, mais nous ne pouvons pas voyager faute de Gps« . Pour Salifou Ngombekette, chauffeur de nationalité centrafricaine couché sur un lit de fortune,  » la situation devient reccurente« . « Nous n’avons plus d’argent pour couvrir l’attente du Gps. Ce sont des imprévus. Regardez comment nous vivons« .

La disponibilité du Gps fait en effet abondamment polémique sur la place portuaire. Généralement obtenu en 10 jours après la requête, ce délai atteint désormais les 30 jours. Une source donne des détails sur ce dysfonctionnement : « les balises ne sont parfois pas disponibles parce qu’il faut attendre le retour de celles apposées sur les camions en transit sur le corridor. Certaines balises reviennent d’ailleurs dans un état défectueux« . Pis, les transporteurs marquent leur courroux face aux pénalités infligées en zone de validtion du Gps, après avoir enfin obtenu sa pose :  » nous payons 8000 FCFA par jour d’attente, pourtant, le retard  ne provient pas de nous. Nous ne pouvons même plus attendre cette validation hors de l’espace portuaire de peur de subir une pose de sabots par les agents de la Communauté urbaine de Douala« , révèle l’un d’eux, très exaspéré par cette situation. Les transporteurs s’inquiètent également des nombreuses tracasseries dans l’enceinte portuaire. Celles des forces policières au niveau des checkpoints dressés dans l’aire portuaire :  » sur certains checkpoints, nous devons payer 2000 FCFA aux gendarmes ou policiers pour passer. Ce qui est pourtant interdit par l’autorité portuaire« , ajoute notre source, également préoccupée par la congestion du port de Douala.

Assistance

Il existe pourtant au sein du port de Douala, un bureau du Sntrc, le Syndicat national des transporteurs du Cameroun, pour la Région du Littoral. Alhadji Hamassambo Souley, chargé de la mobilisation au sein du bureau régional Sntrc pour le Littoral, en assure la représentation, sous la présidence de Raymond Moungang, le Président régional du Sntrc pour le Littoral. Qui évoque les raisons de la création de ce bureau : « ce bureau existe depuis 3 ans. Il est ouvert à tous nos membres mais aussi aux transporteurs de la sous-région. Il a pour principale mission de sensibiliser les transporteurs sur les pratiques et la réglementation portuaire liés à leur activité. Ce bureau a également une mission d’accompagnement, d’assistance et de liaison entre les transporteurs et l’administration portuaire et douanière ». L’existence de cette représentation est malheureusement méconnue de la majorité des transporteurs terrestres. Alhadji Hamassambo Souley et ses trois employés de bureau ne se tournent néanmoins pas les pouces: « nous recevons régulièrement des plaintes des transporteurs sur diverses tracasseries observées dans le port de Douala. Nous apportons à leur suite des solutions à ces problèmes », rassure le chef de bureau. Raymond Moungang entend accroître davantage la vulgarisation et la sensibilisation de cet important outil créé au profit des transporteurs.

Autre déception, ces résultats mitigés enregistrés depuis l’existence du bureau régional Sntrc du port de Douala. Notamment, les rapports avec l’autorité portuaire.  Comme principale avancée notable obtenue, le Sntrc évoque les tracasseries liées à la présence des éléments des eaux et forêts dans l’enceinte portuaire. Rappelons qu’au Cameroun, 11 satellites sur les 24 que compte la sous-région, permettront ainsi, au moyen de l’outil Internet, d’informer de façon continue et permanente tous les intervenants de la chaine portuaire: fournisseurs, consignataires, banquiers, assureurs, et autres transporteurs, quu reçoivent la position exacte du véhicule chargé. Ce, à une distance de 200 mètres de circonférence près. Autre avantage, Nexus, favorise d’après la douane, la réactivité du dispositif sécuritaire en cas d’incident tels que les pannes, les accidents, les coupeurs de route, les inconduites des chauffeurs. Les dysfonctionnements sur la du Gpssera certainement à l’ordre du jour de la prochaine session tripartite entre le Cameroun, le Tchad et la Rca.

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