Après une année 2025 marquée par des sommets historiques, les prix du café camerounais à l’exportation montrent des signes d’essoufflement depuis le début de 2026, selon les données publiées le 13 mai par l’Office national du cacao et du café (ONCC). Le repli touche principalement l’arabica, tandis que le robusta résiste mieux à la correction observée sur les marchés internationaux.
À mi-mai, le prix indicatif à l’exportation du café arabica s’établit à 3 654 FCFA le kilogramme, contre un pic de 5 150 FCFA enregistré en décembre 2025. En quelques mois, la fève a ainsi perdu près de 1 500 FCFA/kg, effaçant une partie des gains engrangés lors de la précédente campagne.
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Cette baisse intervient après une séquence exceptionnelle pour la filière. Lors de la campagne 2024-2025, les recettes d’exportation de l’arabica avaient bondi de 64 % à 17,4 milliards FCFA, soutenues à la fois par la hausse des volumes et l’envolée des cours mondiaux. Selon l’Organisation internationale du café (OIC), les prix internationaux de l’arabica avaient atteint en 2025 des niveaux records proches de 10,5 dollars le kilogramme, contre moins de 5,3 dollars deux ans plus tôt, dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre mondiale.
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Le robusta, principale variété produite au Cameroun, affiche pour sa part une évolution plus modérée. Au 13 mai 2026, son prix à l’exportation ressort à 2 079 FCFA/kg, contre environ 2 330 FCFA à la fin de la campagne précédente. Une relative stabilité qui contraste avec la forte volatilité observée sur l’arabica.
Mais au-delà de l’évolution des cours internationaux, la question du partage de la valeur reste au cœur des tensions dans la filière. Dans les bassins de production, les prix bord champ oscillent entre 1 200 et 1 300 FCFA/kg, bien en dessous des niveaux pratiqués à l’exportation. Une situation qui nourrit les frustrations chez certains producteurs.
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« Les prix à l’international continuent de grimper alors que le producteur touche pratiquement la même chose depuis près de deux ans. Les exportateurs réalisent des marges exceptionnelles au détriment du cultivateur, pourtant principal maillon de la chaîne », déplore Guilbert Foti, caféiculteur dans le département du Moungo, dans la région du Littoral.
Le ralentissement actuel des prix de l’arabica et la relative stagnation du robusta viennent ainsi tempérer l’euphorie observée en 2025. Ils rappellent surtout la forte exposition du café camerounais aux fluctuations des marchés internationaux, où les périodes de hausse rapide peuvent être suivies de corrections tout aussi brutales.
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Le café demeure l’un des principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun, aux côtés du cacao, de la banane, du coton et du caoutchouc. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les exportations de café ont généré 27,8 milliards FCFA en 2025, en hausse de 3,6 %, pour un volume total de 10 902 tonnes expédiées. L’Italie, l’Algérie et la Belgique concentrent à elles seules plus de 60 % des débouchés du café camerounais, d’après l’ONCC.

