Plus de 20 ans après Bakassi, le Nigeria accuse le Cameroun d'annexer des territoires pétrolifères stratégiques dans l'État d'Akwa Ibom au sud-est du pays, selon des sources médiatiques ce 19 mars 2025. A cet effet, le Sénat nigérian a ouvert une enquête urgente, mettant en place une Commission ad hoc pour examiner ces allégations d'incorporation illégale d'îles de mangrove et de territoires maritimes riches en ressources, par le pays de Paul Biya et formuler des recommandations dans un délai de deux mois.
Au Nigeria, l’enjeu est de taille : plus de 2 560 puits de pétrole sont situés dans ces zones. « La motion pour la formation du Comité a été présentée par le sénateur Aniekan Bassey (Akwa Ibom Nord-Est) en vertu des articles 41 et 51 du Sénat. Dans son allocution, le parlementaire a souligné les risques économiques et territoriaux posés par l’empiètement présumé, notant que les îles en question, situées à Efiat, dans la zone de gouvernement local de Mbo de l’État d’Akwa Ibom, ne faisaient pas partie des zones cédées au Cameroun en vertu des traités anglo-allemands de 1913 ou de l’arrêté de la Cour internationale de justice (CIJ) d’octobre 2002 », révèle le journal PUNCH.
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Cette situation ravive les tensions frontalières entre les deux pays, rappelant le différend passé concernant la péninsule de Bakassi, située au large du Sud-Ouest Cameroun. D’après PUNCH, le Sénat nigérian affirme que la souveraineté territoriale nationale est remise en question, précisant que cette annexion présumée viole plusieurs accords internationaux, y compris la résolution de 1964 de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui appelle au respect des frontières héritées de la colonisation. De même, le Nigeria craint une perte de revenus pétroliers et gaziers significatifs.
Ainsi, les législateurs ont appelé à une révision du jugement de la CIJ et ont exhorté le gouvernement fédéral à porter la question devant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, rappelant que la délimitation exacte des eaux internationales n'avait pas été résolue après le conflit de Bakassi. Et que les discussions y relatives enclenchées en 2016 entre les présidents Buhari et Biya, sont restées en suspens.
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Par ailleurs, le Sénat nigérian a exhorté le président Bola Tinubu à sécuriser les actifs pétroliers et les eaux territoriales du pays, tout en privilégiant le dialogue diplomatique pour résoudre le différend avec le Cameroun.
Rappelons qu’à l'instar de la presqu'île de Bakassi, convoitée pour ses ressources pétrolières et son importance stratégique dans la surveillance du golfe de Guinée, les îles de mangrove frontalières au Cameroun et au Nigeria recèlent d'importantes richesses. Elles abritent des ressources halieutiques considérables et des gisements de nodules polymétalliques, des concrétions minérales de grande valeur.

