Echos des régionsOuest
A la Une

Le prix de la tomate baisse à Bafoussam

Ceci est le résultat de la surproduction de ce légume, qui ne peut plus être exporté à cause de la fermeture des frontières dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Il est désormais impossible pour les producteurs d’exporter la tomate à la suite de la fermeture des frontières dans la cadre la lutte contre le coronavirus. Cette situation a pour conséquence la chute des prix des cageots de ce produit comestible dans les différents marchés du département de la Mifi à Bafoussam. Le vendredi 12 février 2021 dernier, il est un peu plus de 11H26, Landry Kengne, jeune producteur de tomates à Konti, une localité de l’arrondissement de Bafoussam 2 à Baleng est installé dernière une vingtaine de cageots de tomates en attente  des clients depuis 07h du matin à la zone des vivres au marché Casablanca de Bafoussam auprès de sept autres engagés dans sa production. Ce dernier ayant transporté ce produit tôt le matin après une longue journée de jeudi, dédiée à la récolte de ce produit. Une quantité qu’il livrait en moins d’une heure avant la crise sanitaire selon ses déclarations.

Lire aussi : Relance de la filière tomate : espoirs et spéculations autour de l’usine de Foumbot

Du petit marché dit « ancien dépôt Guinness », au secteur des vivres au marché de Casablanca à Bafoussam, aux marchés A et C de la même ville, l’on ne voit que du rouge : la tomate. Depuis quelques jours, le prix de ce légume-fruit est en chute libre à cause de l’offre désormais supérieure à la demande. « C’est vraiment très lent. Avec l’arrivée du Covid-19, nous n’arrivons plus à évacuer les marchandises. Il y avait d’abord une surproduction causée par la fermeture des frontières. La quantité destinée au marché national et international était désormais vendue sur place. Nous ne savons plus réellement ce qui se passe avec le relâchement des mesures barrières. Nous ne savons plus par quel bout prendre les choses. Il n’y a également plus de véritables funérailles ni des obsèques. Les cérémonies de mariage n’existent presque plus. Et les producteurs sont obligés de vendre tout au marché local. Nous sommes oubliés de réadapter les prix au contexte actuel dans le but de se libérer de la tomate, une denrée hautement périssable », justifie Landry Kengne.

Lire aussi : Tomates en Fruit : les prix bas peuvent-ils durer ?

Le cageot qui se vendait entre 5.000 et 7.000F avant la pandémie à Covid-19, a connu une chute remarquable. Aujourd’hui, on peut se l’offrir entre 2.000F et 4.000F. Au pire des cas, il se vend à 1500F voir 1000F. Une situation qui ne permet pas aux grossistes de réaliser de bonnes affaires. « Quand les prix sont très bas, on ne s’en sort pas. C’est trop grave maintenant. Tu paie mais tu n’arrives pas à revendre. Les femmes préfèrent acheter en cageot chez les jardiniers. Nous payons à 2.000F ou à 4000F en fonction de la qualité des fruits. Cinq jolies tomates à 100F mais jusqu’à là, ça ne sort toujours pas. Aujourd’hui, n’importe qui prend en cageot pour une conservation à domicile », regrette Pierrette Doumtsop, revendeuse de vivres au marché Casablanca de Bafoussam. Cette réalité a plongé les producteurs dans un avenir incertain. Ils se disent être incapables de recouvrer les prêts bancaires engagés pour la production. Vendue en gros ou en détails, la tomate abonde les marchés de Bafoussam. À la portée de tous, les ménages se régalent en consommant de la sauce tomate en ce temps de Covid-19.

Lire aussi : Réouverture des frontières : de belles perspectives pour la tomate camerounaise

Armel Djiogue

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page