300,6 milliards de Fcfa (500 millions de dollars). C’est le montant du prêt récemment contracté par le Tchad auprès du Fonds d’Abu Dhabi pour le développement. Ce nouvel emprunt, accordé le 16 octobre 2024, s’inscrit dans une dynamique de soutien aux efforts du gouvernement tchadien pour faire face aux conséquences désastreuses des inondations qui ont ravagé le pays depuis juillet dernier. D'une maturité de 18 ans, avec un délai de grâce de 4 ans et un taux d’intérêt annuel de seulement 1%, ce prêt reflète une collaboration financière solide entre le Tchad et les Émirats arabes unis.
Lire aussi : Cemac : avec 11,3%, le Tchad affiche le taux d’inflation le plus élevé à juin 2024
Ce nouveau financement émirati porte à 420,9 milliards de Fcfa (700 millions de dollars) l’enveloppe totale débloquée par les Émirats au profit du Tchad en l’espace d’un an. En septembre 2023, les Émirats avaient déjà accordé un premier prêt de 120,2 milliards de Fcfa (200 millions de dollars), dont un don de 30 milliards de Fcfa, démontrant ainsi leur engagement à soutenir l’économie tchadienne en proie à des crises successives.
Lire aussi : Commerce extérieur le Tchad, premier client du Cameroun au 3e trimestre 2024
Le nouveau prêt vise à accroître les capacités financières du gouvernement tchadien pour répondre aux conséquences des graves inondations qui ont fait 340 morts et touché plus de 1,5 million de personnes depuis juillet 2024, selon les Nations Unies. Sur le plan économique, social et alimentaire, le Tchad, déjà confronté à une insécurité alimentaire aiguë, fait face à des défis majeurs qui nécessitent des financements supplémentaires.
Lire aussi : Interconnexion électrique Cameroun-Tchad : un premier décaissement de la BID annoncé avant fin 2024
Implications financières pour le Tchad
Cependant, l’accumulation de ces prêts alourdit l’endettement global du Tchad, qui atteignait 3 177,5 milliards de Fcfa à fin 2023, selon la Commission nationale d’analyse de la dette du ministère des Finances. Près de 38% de cette dette extérieure est due à des partenaires bilatéraux, tels que les Émirats arabes unis, tandis que 47% est liée à des créanciers multilatéraux, et 15% à des créanciers commerciaux. Ce nouvel emprunt soulève des questions quant à la capacité du Tchad à faire face aux crises internes. Si les financements à faible coût offerts par des partenaires comme les Émirats arabes unis permettent de répondre à des urgences nationales, la hausse de l'encours de la dette pourrait peser sur les finances publiques et l'économie à long terme. Dans un contexte où les catastrophes naturelles semblent de plus en plus fréquentes, la dépendance à ces lignes de crédit externes souligne la fragilité financière du Tchad face aux aléas climatiques et à l'insécurité économique globale.
Lire aussi : Tchad : 40% des banques en dessous du seuil de 10 milliards de Fcfa de capital minimum
Le gouvernement tchadien, pour sa part, doit naviguer entre la gestion des urgences immédiates et la mise en place d’une stratégie de désendettement viable pour éviter un surendettement qui pourrait impacter sa solvabilité sur les marchés internationaux et réduire sa capacité à attirer des investissements à long terme.

