Selon le rapport 2024 sur les investissements directs étrangers (IDE) dans le monde, publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), la Guinée Equatoriale a capté un volume d’IDE estimé à 142 millions de dollars en 2023, soit 87 milliards de Fcfa. Ce montant est en baisse de 89,2% par rapport aux 1,388 milliard de dollars enregistrés en 2022 représentant environ 96,6 % du PIB du pays cette année-là. Le rapport indique que la grande majorité des IDE en Guinée équatoriale est dirigée vers le secteur du pétrole et du gaz, suivi par la sylviculture et la pêche avec pour principaux investisseurs les États-Unis, la Chine et la France.
Bien que le rapport de la Cnuced ne s’attarde pas sur les raisons de cet important recul des IDE captés par le pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, il relève tout de même que le pays accueille favorablement les investissements. Cependant, le rapport 2023 mentionnait que la Guinée Equatoriale fait face à des contraintes non négligeables telles que le manque de diversification économique, les obstacles à la création de nouvelles entreprises, la complexité des procédures fiscales et l'étroitesse du marché intérieur. A cet effet, le gouvernement a mis en œuvre des politiques publiques visant à améliorer le climat des affaires, ce qui a contribué, en plus de la découverte de gisements de pétrole offshore, à attirer un grand nombre d’investisseurs en 2022 et a permis à la Guinée équatoriale de capter son plus important volume d’IDE depuis 2018.
Concrètement, le gouvernement a cherché à diversifier l'économie et à attirer des investissements dans d'autres secteurs tels que l'agriculture, la pêche, les infrastructures et le tourisme. Pour ce faire, il a créé GE Holding, une entité chargée de gérer les fonds de co-investissement de l'État. Des mesures ont également été prises pour faciliter les investissements, notamment la création d’un guichet unique pour les investissements et l’adoption d’une loi visant à régler les conflits liés à l’exécution des contrats. Il s’agit de la loi n° 72/2018 qui a modifié le décret n° 127/2004 afin de rationaliser les investissements nationaux supprimant l'obligation d'avoir des partenaires locaux pour les investisseurs en dehors de l'industrie pétrolière. Le gouvernement a également rendu la création d'entreprise moins coûteuse en réduisant les frais d'enregistrement et décidé de soutenir la promotion des exportations non traditionnelles, en autorisant le rapatriement des bénéfices et en offrant diverses incitations fiscales.
Soulignons que depuis 2020 la Guinée équatoriale met sur pied un Plan directeur « Gas Mega Hub » pour développer plusieurs hubs gaziers offshore et monétiser les réserves de gaz voisines. Le pays a entamé les démarches avec le Cameroun et le Nigéria pour faciliter des liens transfrontaliers supplémentaires et de son accord avec le Cameroun, la GE a mis en activité un premier gazoduc de 70 km et d'une capacité de 950 millions de pieds cubes (en 2021) permettant de traiter le gaz du champ d'Alen, situé dans le bassin de Douala, par des installations terrestres existantes au large de la Guinée équatoriale.

