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Législatives municipales 2020 : polémiques sur le désistement du MRC

La décision de ne pas participer aux élections locales, prise au terme d’une réunion du conseil national, aurait entre autres raisons les obstructions de l’administration publique et la situation sécuritaire dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Mais, des informations et des analystes soulignent que le désistement du MRC est dû à un déficit de candidatures dans une grande partie du pays.

Présentée comme la principale force de l’opposition au sortir de l’élection présidentielle d’octobre 2018, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) vient de décider, contre toute attente, de ne pas présenter de candidats lors des élections législatives et municipales prévues le 9 février 2020. L’annonce a été faite lundi 25 novembre 2019 par Maurice Kamto, président de cette formation politique, au terme d’une réunion du conseil national à Yaoundé. Ladite rencontre réunissait les membres du directoire et du comité national de médiation et d’arbitrage, les secrétaires des fédérations régionales et départementales, les présidents des femmes et des jeunes.

Au cours de sa déclaration, Maurice Kamto a expliqué que le MRC refuse de participer à ces élections parce que la situation sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest n’est pas encore réglée. Selon lui, faire des élections en l’état actuel des choses serait d’indiquer que ces deux régions ne font pas partie du Cameroun. La tenue de ces élections serait également, selon Maurice Kamto, une manière de ne pas reconnaitre « le génocide qui s’y déroule ». 

Le président du MRC estime également que le Code électoral demeure en faveur d’une seule chapelle politique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le MRC ne compte pas présenter de candidats parce qu’il estime que les jeux sont pipés d’avance. Il en veut d’ailleurs pour preuve les nombreuses obstructions commises par l’administration publique dont les représentants ont manœuvré dans certaines localités pour empêcher les candidats de l’opposition de déposer leurs dossiers.

Par contre, des observateurs de la scène politique camerounaise estiment que les vraies raisons de ce boycott sont ailleurs. La principale serait liée à l’incapacité du parti de présenter des candidats dans la majorité des circonscriptions électorales, aussi bien en ce qui concerne les postes de députés que les conseillers municipaux. L’information, qui circule sur les réseaux sociaux, indique qu’au soir du 24 novembre, le MRC n’avait pu constituer que 36 listes pour les municipales et 17 listes pour les législatives, alors que le Cameroun compte 360 communes et 180 postes de députés. Le parti de Maurice Kamto aurait donc préféré jeter l’éponge au lieu d’aller à des élections qui auraient montré qu’il n’est pas aussi populaire que cela.

Dans tous les cas, le revirement est d’autant plus étonnant que le 20 novembre dernier, le président du MRC avait créé une commission chargée de « vérifier la qualité des listes et des dossiers et, en l’absence de consensus d’une commission de présélection des candidats sur la liste d’une circonscription donnée, de procéder, le cas échéant, à des arbitrages ». A travers le pays, les membres se sont mobilisés toute la semaine dernière pour constituer leurs listes en espérant gagner des mairies et des sièges de députés dans trois mois. Mais, Maurice Kamto en a décidé autrement…

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