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L’encours des crédits à l’Etat atteint 984,8 milliards de FCFA

Ce niveau d’exposition des banques vis-à-vis du gouvernement et autres organismes publics est un record depuis 2011 que les données sont disponibles.

A la fin du mois d’Avril 2020, l’encours des créances accordées par les banques locales à l’Etat du Cameroun était de 962,5 milliards de FCFA, apprend-on de récentes données publiées par la Banque centrale (BEAC). A cette somme, vient s’ajouter 22,1 milliards de FCFA d’encours sur les organismes publics autres que le gouvernement. Cela fait un total de 984, 8 Milliards de FCFA. C’est le niveau d’exposition le plus élevé des banques vis-à-vis des entités publiques au Cameroun depuis les 10 dernières années. En 2011, cet encours était de seulement 174 milliards de FCFA. Cela représente donc une multiplication par 6 lorsqu’on le compare à celui de la fin avril 2020.

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Sur cette période de 10 ans, l’encours des crédits bancaires aux organismes entièrement publics a progressé en moyenne de 22%. Entre 2017 et 2019 il y a eu une accélération de ces indicateurs. Cette évolution des choses coïncide avec l’entrée du Cameroun dans une crise des revenus extérieurs, comme cela a été le cas pour plusieurs pays de la CEMAC. On note que parallèlement, même s’il est très important (2900 milliards de FCFA), l’encours des crédits bancaires aux sociétés privées non financières n’a que faiblement progressé. La moyenne d’évolution depuis 2011 n’est que de 7%.

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Cette situation n’a pas encore fait l’objet d’analyse. Mais en raison de la régulation et d’un faible développement des produits de financements structurés, les banques commerciales camerounaises sont très aversive aux prises de risque. Or, selon l’institut nationale de la statistiques, les entreprises modernes susceptibles d’être des clientes de banques, ont connu entre 2019 et 2018, une baisse de leurs performances financières, qui s’est traduite par une croissance plus faible des chiffres d’affaires, une augmentation des charges et un repli de la marge nette bénéficiaire et de la trésorerie. Dans ce contexte il peut être logique que les banques se focalisent sur le débiteur le plus solvable à court terme de l’espace économique qu’est le gouvernement et les organismes publics apparenté. La Covid-19 est venu rendre les choses encore plus complexes pour les sociétés privées. La moyenne de croissance de l’encours des crédits entre janvier et avril 2020 a été proche du zéro, tandis qu’elle est de 4,7% pour les contreparties gouvernementales. Si ce choix de financements des banques peut être compris, il s’opère comme une discrimination pour le secteur privé qui est présenté comme le moteur de la croissance et le créateur de richesse. Or les contreparties de banques autres que le gouvernement, sont les premiers contributeurs aux ressources des banques. Les dépôts bancaires du gouvernement ne représentent que 15% de l’ensemble des dépôts à termes et autres épargne, et ne représente que 33% de l’ensemble des dépôts bancaires.

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