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Les banques de la Cemac ont rétrocédé à la Beac 3 896 milliards

L’application de la nouvelle réglementation de change, entrée en vigueur dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée Équatoriale) en mars 2019, continue de produire des effets positifs sur la constitution du stock de devises par la Beac, la banque centrale des six pays de cet espace communautaire.

Selon des sources autorisées au sein de cet institut d’émission, à fin août 2019, et conformément aux nouvelles dispositions de la réglementation susmentionnée, les banques commerciales en activité dans l’espace Cemac ont rétrocédé quelque 3 896 milliards de FCFA en devises à la Beac. En glissement annuel, ce volume est en hausse de 229%, les banques ayant rétrocédé à la Beac 1 181 milliards de FCFA, entre janvier et août 2018.

Pour rappel, la nouvelle réglementation de change entrée en vigueur dans la zone Cemac au premier trimestre 2019 impose aux banques commerciales de rétrocéder à la Banque centrale 70% des devises rapatriées par leurs clients. Les banquiers n’en conservent plus que 30% pour satisfaire les besoins courants de leur clientèle.

Selon les experts, cette mesure et son effectivité permettent de mettre progressivement un terme au désordre jadis institué autour de la gestion des devises (importations illégales des devises, ouverture anarchique des comptes en devises, non rapatriement des devises issues des opérations d’exportation, création d’un marché parallèle des devises par les banques commerciales, etc.) dans la zone Cemac.

Ce retour à l’orthodoxie avait provoqué une véritable crise des devises dans cet espace communautaire dès l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de change, imposant à la Beac d’adopter des mesures d’assouplissement pour éviter l’asphyxie des entreprises de la Cemac. Selon les autorités monétaires, cette crise est définitivement résorbée et l’application de la nouvelle réglementation de change produit des effets plutôt positifs pour les six économies de la Cemac.

Les avoirs extérieurs non rapatriés des ménages et des entreprises non financières de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) ont atteint 3,5 milliards $ (2 043 milliards de FCFA) à la fin du mois de juin 2019. Dans le détail, les devises détenues par les ménages sont de 910,9 milliards FCFA (soit 44,6%) et celles des sociétés non financières se chiffrent à 1 144,4 milliards (soit 56,4%).

La République du Congo est le pays dont les ménages disposent de la plus importante valeur des avoirs extérieurs à cette période (329,9 milliards FCFA). Il est suivi du Gabon (213,1 milliards FCFA), du Cameroun (204,4 milliards FCFA), de la Guinée Équatoriale (61,3 milliards de FCFA) et du Tchad (22,2 milliards de FCFA). Les entreprises non financières installées au Cameroun détiennent la valeur la plus importante des avoirs financiers extérieurs non rapatriés (492,8 milliards FCFA). Elles sont suivies par celles du Gabon (367,8 milliards FCFA) et de Guinée Équatoriale (137,8 milliards FCFA).

Au total, les avoirs des individus et organisations résidant en zone Cemac dans le système bancaire international représentent la somme de 5,2 milliards $ (soit 3 036,3 milliards de FCFA) à fin juin 2019. Les données de la BRI ne permettent pas d’avoir des détails sur le type d’avoirs (prêts ou dépôts) avec précision. Mais elles mettent en exergue la difficulté qu’il y a à mettre en œuvre le renforcement de la politique de rapatriement de devises détenues par les résidents de la Cemac, en dehors du système de consolidation de sa Banque centrale.

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