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Les défis qui attendent Faustin Dingana au terminal à conteneurs de Douala

Le nouveau directeur délégué de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) aura, entre autres missions, de booster les recettes de cette infrastructure portuaire.

S’il y a une constance qui aura émergé du processus foireux d’attribution d’un nouveau contrat de concession au terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri, c’est que cette infrastructure portuaire peut produire plus de recettes qu’elle n’en fait actuellement. Les offres des différents protagonistes retenus à l’issue de l’appel d’offres international à manifestation lancé pour le recrutement d’un nouveau concessionnaire au terminal à conteneurs en sont une parfaite illustration. Et c’est l’un des défis importants qui attendent l’équipe conduite par Faustin Dingana, le nouveau directeur délégué de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) du port de Douala-Bonabéri.

La nouvelle structure qui va gérer le terminal à conteneurs dès le 1er janvier 2020 devra booster les recettes de cette infrastructure portuaire, du moins faire mieux que la Douala International Terminal (DIT), la filiale du groupe Bolloré qui avait jusque-là la charge de la gestion du terminal à conteneurs. DIT, rappelle-t-on, versait une redevance annuelle de 3,1 milliards de F CFA au Port autonome de Douala (PAD), en  réalisant un chiffre d’affaires annuel de 22 milliards de F CFA, tout en facturant 145 000 FCFA le déchargement d’un conteneur de 40 pieds.

Faire mieux que Douala International Terminal

La RTC devrait donc faire mieux que DIT et s’approcher tout au moins des montants mirobolants que proposait TIL (Terminal Investment Ltd), dont l’offre semblait la plus alléchante à l’issue du dialogue compétitif, selon la Commission ad hoc de passation de la concession. En effet, TIL proposait de payer un droit d’entrée de 24,3 milliards de FCFA payables en une seule fois à la signature du contrat, au lieu de 600 millions de FCFA avec DIT, soit +405%. En plus d’une redevance fixe annuelle de 9,2 milliards de FCFA au lieu de 3,1 milliards de FCFA pour DIT, soit +297%.


>> Lire aussi –Port autonome de Douala : TIL compte verser 357 milliards de Fcfa de redevances au cours des 15 ans de concession

Sans oublier une redevance variable de 8% du chiffre d’affaires annuel sur les cinq premières années, 12% les cinq années suivantes et 32% les cinq dernières. Alors qu’elle est d’environ 2,7% par an pour DIT. Soit un total des redevances de concession de l’ordre de 357 milliards de FCFA sur les 15 années de contrat de concession, contre 62 milliards de FCFA pour la concession DIT (+576%) et un programme d’investissement de 153 milliards de FCFA sur les 15 années de concession, contre 52 milliards de FCFA pour la concession de DIT (+294%). TIL proposait également des tarifs beaucoup plus compétitifs. Notamment, un tarif de manutention terre en baisse de 10% par rapport à la concession actuelle, soit un gain substantiel pour l’économie nationale et un prix moyen de passage des conteneurs en baisse de 10,5% par rapport à la concession actuelle. Car, il faut rappeler que l’enjeu de la mise en concession du terminal à conteneurs en 2004 était de booster les recettes de cette infrastructure portuaire.

Il faut en outre préciser que l’option de la gestion en régie du terminal à conteneurs du port de Douala a été prise lors de la 84ème session de son conseil d’administration, tenu à Douala, le 6 décembre dernier. Une régie déléguée de gestion, d’exploitation et de maintenance du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonaberi a ainsi été créée. La RTC que va désormais diriger Faustin Dingana est un service délégué du Port Autonome de Douala placé sous l’autorité du directeur général du PAD. Elle jouit d’une autonomie administrative et financière et reçoit délégation sur toutes les matières relatives aux opérations de gestion d’exploitation et de maintenance du terminal à conteneurs.

Des garanties pour la préservation des emplois de DIT

S’agissant du volet social, les emplois au terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri seront préservés. Le Cameroun, précise-t-on, est soucieux de la préservation des emplois de DIT. Dans l’article 25 de la résolution portant création et organisation de la régie déléguée de gestion, d’exploitation et de maintenance du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri, il est clairement précisé que, peuvent faire partie du personnel de la RTC les personnels employés par le concessionnaire du terminal en fin d’activité au 31 décembre 2019 ; les personnels recrutés aux postes de responsabilité définis par le Conseil de supervision ; les personnels affectés ou détachés par le Port Autonome de Douala; les personnels recrutés pour des besoins nouveaux. C’est dire donc que les dispositions sont prises par le Port Autonome de Douala pour que les emplois soient préservés.


>> Lire aussi –Le personnel actionnaire de DIT réclame 10 milliards de dividendes à Bolloré

Il faut dire qu’avec la désignation de TIL par le PAD comme nouveau concessionnaire du terminal à conteneurs, il y a eu un flou sur l’avenir des ex-employés de DIT. Ces personnels avaient quelque peu perdu de sommeil depuis l’éviction de leur employeur à la gestion du terminal à conteneurs du port de Douala. En effet, TIL qui devait reprendre la gestion de cette infrastructure portuaire dès janvier 2020, ne semblait pas disposée à reprendre tous les employés de son prédécesseur. Selon certaines sources au PAD, l’entreprise publique qui gère cette plateforme portuaire, TIL n’était disposée à reprendre que 80% des effectifs de DIT. L’on s’acheminait donc vers le licenciement d’une centaine d’employés au terme du processus. Pire encore, TIL envisageait même de remettre à plat tous les contrats de travail des ex-employés de DIT, qui devaient lui être transférés, afin de les renégocier.

Un délégué du personnel de DIT faisait remarquer sur le site d’informations « Investir au Cameroun » que cette remise à plat des contrats devait d’office faire perdre à tous les employés retenus, leur ancienneté. Ce dernier craignait par ailleurs que des avantages acquis sous la gestion de Bolloré-APM Terminals (cantine gratuite, assurance santé, prime d’intéressement payée en fin d’année, retraite complémentaire, etc.) soient compromis avec le changement de concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala. Une concertation autour du plan social relatif à la fin du contrat de la société DIT sur le terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri, avait même été annoncée au mois de novembre dernier. Lors d’une réunion similaire organisée le 3 octobre 2019, à l’initiative du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, les premières informations glanées auprès des participants (responsables du PAD, délégués du personnel de DIT, responsables du groupe Bolloré, responsables du ministère du Travail, etc.), avaient indiqué que 440 emplois de DIT étaient menacés.

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