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Les neufs banques crédibles du Cameroun selon la Beac

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a publié le 9 janvier 2019, un rapport sur les «établissements éligibles aux interventions de la Beac»

C’est une sorte de ranking des meilleures banques du Cameroun qui ne dit pas son nom. En effet, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) vient de publier un rapport sur les «établissements éligibles aux interventions de la Beac». Ces établissements de crédit (banques et établissements financiers) sont admis au Marché monétaire sur décision du gouverneur et après avis de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Au cours de la période de référence, l’opération principale d’injection de liquidité a constitué l’essentiel des concours de l’Institut d’Emission au système bancaire.

Parmi les banques, l’on a la catégorie de ceux que la Beac appelle les «établissements éligibles aux interventions de la Beac». Il s’agit de : Afriland First Bank, B.I.C.E.C., SCB Cameroun, Citibank SA, Standard CH, BANK S.G.C, Ecobank Cameroun, CBC, UBA, UBC PLC, BGFIBank Cameroun.

Durant le mois de juillet 2018, quatre appels d’offres ont été organisés pour un encours moyen mensuel de 272,9 milliards contre 283,2 milliards un mois plus tôt. Au Cameroun, l’encours moyen mensuel des avances accordées aux établissements de crédit s’est notablement accru, se hissant à 40,6 milliards en juillet 2018 contre 26,5 milliards un mois auparavant. Cette évolution s’explique par un accroissement des besoins de liquidité d’un établissement de crédit.

Parmi les banques, l’on a la catégorie de ceux que la Beac appelle les «établissements éligibles aux interventions de la Beac». Il s’agit de : Afriland First Bank, B.I.C.E.C., SCB Cameroun, Citibank SA, Standard CH, BANK S.G.C, Ecobank Cameroun, CBC, UBA, UBC PLC, BGFIBank Cameroun. L’on note dans ce compartiment que la Beac fait confiance uniquement à neuf banques sur un total de 16 établissements bancaires en exercice au Cameroun. Ceux dont les noms ne figurent pas dans cette liste peuvent se poser des questions.

L’essentiel des concours de la Banque centrale au système bancaire de la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, et Tchad) concerne l’opération d’injection de liquidités, décidée fin 2017. Selon le rapport sur la politique monétaire que vient de publier la Banque centrale commune aux six Etats de la Cemac, l’encours moyen d’injection mensuelle des liquidités dans le système bancaire de la sous-région est revenu à 254,5 milliards FCFA en septembre 2018 contre 284,5 milliards au 30 juin 2018.

La BEAC n’explique pas la réduction de ces injections de liquidités à pratiquement 30 milliards FCFA entre juin et septembre 2018, mais elle présente tout de même la situation par pays, des encours moyens mensuels des avances de la Banque centrale. Il en ressort que le Cameroun a pu bénéficier de 36,1 milliards en septembre 2018 contre 27,3 milliards FCFA en juin 2018, avec un pic de 46 milliards au mois de juillet. La Centrafrique, elle, s’en tire avec seulement 30 millions en septembre contre 43 millions FCFA en juin. Le Congo a bénéficié de liquidités à hauteur de 52 milliards en juin contre 37,4 milliards en septembre, avec un montant maximum de 57,3 milliards FCFA en juillet.

Le Gabon, quant à lui, a récolté 27,5 milliards en septembre contre 19,7 milliards FCFA en juin. La Guinée équatoriale est adjudicatrice de 96,3 milliards en septembre contre 147,6 milliards FCFA en juin. Le Tchad a reçu 57 milliards en septembre contre 38 milliards FCFA en juin 2018.

Quatre établissements de crédits sur 8 jugés éligibles

Sur environ huit établissements de crédits au Cameroun, la Beac a aussi établi sa liste d’établissements de crédits éligibles, aux opérations d’injections de liquidité. L’on a seulement quatre établissements de crédibles jugés éligibles. Il s’agit de : SCE, PRO-PME Financement, Crédit Foncier du Cameroun, Africa Leasing Company. Ces quatre établissements sur un ensemble de huit, sont des offreurs et en même temps des demandeurs. Dans cette dernière catégorie, l’on a un établissement qui s’ajoute. Il s’agit d’Alios Finance. Parmi les institutions financières publiques, l’on a le Centre des chèques Postaux (CCP) et le trésor public.

Il faut noter qu’au cours de son dernier Comité de politique monétaire de l’année 2018, tenu le 18 décembre 2018 à Yaoundé, la capitale camerounaise, la Banque des Etats de l’Afrique centrale, institut d’émission des six Etats de la CEMAC (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA, Congo), a décidé de durcir davantage les conditions de crédit.


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C’est ainsi que le taux de la facilité marginale de prêt a été relevé de 75 points de base, passant de 5,25 à 6% ; tandis que le taux de pénalité aux banques, passait de 7,55 à 8,30%. Seul le taux d’intérêt sur appels d’offres (TIAO) est resté inchangé, à 3,50%, après une hausse de 55 points de base survenue le 31 octobre 2018.

En effet, l’on se souvient qu’au cours du Comité de politique monétaire du 31 octobre dernier, la Banque centrale des six Etats de la CEMAC avait déjà procédé à une augmentation de ses principaux taux d’intérêt. Ainsi, le TIAO avait été porté de 2,95 à 3,50%, le taux de pénalité aux banques de 7 à 7,55%, et le taux de la facilité marginale de prêt de 4,70 à 5,25%.

« Quand on injecte 100 de FCFA dans la zone CEMAC, presque 90 de FCFA vont à l’étranger, parce que nous faisons beaucoup d’importations.», explique un cadre de la BEAC.

Interrogé sur les motivations de ces relèvements répétés des taux d’intérêt au cours des trois derniers mois, le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, soutient que ces mesures visent à développer les prêts interbancaires, plutôt que d’inciter les établissements de crédit à recourir au guichet de la banque centrale pour se faire refinancer.

Au sein de cette banque centrale, l’on soutient également que ces relèvements successifs des taux, contribuent à freiner la fuite des capitaux ; ce qui permet de reconstituer les réserves de change toujours sous pression ; la zone CEMAC étant une grosse importatrice de pratiquement tous les produits de consommation courante. « Quand on injecte 100 de FCFA dans la zone CEMAC, presque 90 de FCFA vont à l’étranger, parce que nous faisons beaucoup d’importations.», explique un cadre de la BEAC.

Cependant, ces arguments sont contestés par des experts de la finance, qui perçoivent davantage ces mesures de la BEAC comme un frein au financement des économies de la sous-région. En clair, selon les tenants de cette thèse, à cause des mesures de la banque centrale, il sera encore plus difficile pour les entreprises d’accéder aux crédits bancaires au cours des prochains mois ; ce qui pourrait conduire à un ralentissement de leurs activités.

Selon les statistiques de la BEAC, le volume de nouveaux crédits mis en place dans la zone CEMAC au premier semestre 2018, a connu une baisse de 11,91% par rapport à la même période en 2017, passant de 5 108,71 milliards de FCFA, à seulement 4 500,2 milliards de FCFA.

La Rédaction EcoMatin

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