Pour financer leurs besoins de trésorerie au cours de l’année 2026, les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) projettent de lever 3 906,5 milliards FCFA (environ 7 milliards de dollars) sur le marché régional des titres publics, selon les programmes annuels d’émissions transmis à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Cette enveloppe comprend 2 038 milliards FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA), des titres de maturité inférieure à un an, et 1 868,5 milliards FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA). La prédominance des titres de court terme traduit la priorité accordée à la gestion de trésorerie et au refinancement des échéances, parfois au détriment d’un allongement plus marqué des maturités.
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Avec un programme d’émissions de 1 165 milliards FCFA, le Cameroun, première économie de la CEMAC, demeure le principal animateur du marché. Son calendrier combine des émissions de bons à court terme destinés à la gestion de trésorerie et des obligations de maturité moyenne orientées vers le financement du déficit budgétaire. Yaoundé prévoit par ailleurs un emprunt obligataire spécifique de 150 milliards FCFA sur le marché régional.
Le Trésor gabonais anticipe de son côté une mobilisation de 1 046 milliards FCFA en 2026, avec une répartition relativement équilibrée entre BTA et OTA. Le Congo programme 690 milliards FCFA, avec une part significative d’obligations, traduisant une volonté d’allonger la durée moyenne de la dette dans un contexte de contraintes persistantes sur les finances publiques.
Le Tchad prévoit de lever 520 milliards FCFA, principalement via des obligations, tandis que la Guinée équatoriale, avec un programme de 419 milliards FCFA, privilégie davantage les titres de court terme. Enfin, la République centrafricaine affiche un programme plus modeste, évalué à 66,5 milliards FCFA, exclusivement sous forme obligataire, en raison de la taille de son économie et d’une capacité d’endettement encore contrainte.
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Ce calendrier confirme le rôle central du marché des titres publics dans le financement des États de la CEMAC. Le principal défi reste toutefois la capacité du système financier régional à absorber ces besoins, dans un contexte où les banques, principaux souscripteurs, font face à des contraintes réglementaires croissantes visant à limiter leur exposition au risque souverain.
À fin août 2025, le marché des titres publics de la CEMAC totalisait 9 138,9 milliards FCFA d’encours, dont 78 % détenus par les banques commerciales. L’enjeu est donc de développer davantage le marché secondaire afin de fluidifier les échanges et de réduire la concentration du risque souverain dans les bilans bancaires.
Autre défi majeur : le coût de l’endettement. Les rendements ont atteint jusqu’à 13 % sur certaines OTA, pour une moyenne régionale de 8,53 % à fin août 2025. Si ces niveaux offrent des gains élevés aux investisseurs, ils alourdissent durablement la charge de la dette publique, réduisent les marges budgétaires et pèsent sur l’investissement public, au risque de freiner la croissance économique.

