Réunis à l'initiative de la Communauté des superviseurs bancaires africains (CSBA), des représentants de banques centrales, d'autorités prudentielles et d'institutions internationales examineront pendant deux jours les nouveaux défis auxquels sont confrontés les régulateurs africains, notamment la supervision des groupes bancaires opérant dans plusieurs pays, la fraude numérique et les risques liés aux nouvelles technologies financières. « Les banques centrales et les autorités de supervision doivent aujourd'hui faire face à des défis de plus en plus complexes liés à l'accélération de la digitalisation financière, au développement des groupes bancaires transfrontaliers ainsi qu'à l'émergence de nouveaux risques cybernétiques et climatiques », a déclaré le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, également président de l'Association des banques centrales africaines (ABCA).
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Cette évolution intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à adapter leurs dispositifs réglementaires à la montée des fintechs, des paiements numériques et des cryptoactifs. Les stablecoins, adossés à des monnaies ou à d'autres actifs financiers, figurent désormais parmi les sujets prioritaires de réflexion des superviseurs africains. Au-delà des enjeux technologiques, les autorités prudentielles s'inquiètent également de l'interconnexion croissante des systèmes bancaires africains. Selon Patricia Danielle Manon, présidente de la CSBA et secrétaire générale adjointe de la COBAC, le développement des groupes bancaires panafricains rend indispensable un renforcement des mécanismes de coopération entre superviseurs afin d'améliorer les échanges d'informations et la gestion des risques transfrontaliers.
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Dans son intervention, le gouverneur de la BEAC a également dressé un état des lieux du secteur bancaire de la CEMAC. À fin décembre 2025, celui-ci comptait 54 banques, neuf établissements financiers et sept succursales pour un total de bilan agrégé de 27 535 milliards de FCFA et près de 14 000 milliards de FCFA de crédits à la clientèle. Malgré cette résilience, Yvon Sana Bangui a reconnu que les créances en souffrance demeurent élevées et que l'exposition des banques aux titres publics continue de progresser, un phénomène observé dans plusieurs juridictions africaines confrontées à l'augmentation des besoins de financement des États.
Les travaux doivent déboucher sur des recommandations destinées à renforcer la stabilité financière du continent, à harmoniser progressivement les pratiques prudentielles et à accroître la capacité des superviseurs africains à anticiper les risques émergents.

