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Les vrais coupables de l’hécatombe de Dschang

Appelées à faire de la sensibilisation et du renforcement des capacités des usagers de la route, les équipes de prévention routière préfèrent se cacher dans des bosquets pour détecter les excès de vitesse, les débordements de la ligne continue, l’absence de cale métallique, de boîte à pharmacie ou d’extincteur, etc. 53 morts sur la conscience de la prévention routière

53 Camerounais sont passés de vie à trépas au petit matin du 27 janvier 2021 au lieu-dit « falaise de Dschang ». Le drame met en scène un bus, gros porteur, de l’agence Menoua Voyage et un camion transportant du carburant. La violence du choc a provoqué l’incendie du camion. C’est l’un des pires accidents de la route de l’histoire du Cameroun. La rumeur dit que ledit camion était escorté par « un gendarme et un douanier » dont l’identité reste inconnue. Piqué au vif, le commandant du groupement actif des Douanes de l’Ouest a fait le rappel de ses troupes pour en avoir le cœur net. Dans l’intérêt de tous, il faut espérer que la rumeur soit fausse…

Dans un communiqué, le ministre des Transports, Jean Ernest Massema Ngalle Bibehe estime que « ce malheureux accident remet en exergue la problématique des voyages de nuits qu’affectionnent certaines compagnies de transport inter urbain de personnes et la nécessité de leur encadrement ». Le ministre des Transports aurait-il oublié que dans une étude de 2011, une commission ad hoc (transporteurs, Mintransport, DGSN, Gendarmerie, etc.) a établi que les voyages de nuit (ne) représentent (que) 5% du transport des personnes et 35% des accidents mortels. Ce qui signifie que ce volume de trafic est tout à fait « gérable » par les équipes de la prévention routière. Si seulement elles avaient le cœur à l’ouvrage.

En effet, la question qui se pose est de savoir: par où passent les chauffeurs véreux et clandestins pour opérer ? N’est-ce pas devant la « prévention routière »?  Les actions publiques doivent commencer à être pertinentes dans ce pays. Si l’on ne sanctionne jamais les gendarmes qui laissent passer les clandestins, la situation ira de mal en pire. L’on est toujours prompt à accuser les agences de voyage en ignorant que le travail de certains est de les encadrer. Que font-ils ? Dans un système, chaque élément doit jouer son rôle pour que l’objectif soit atteint. Je n’ai pas l’impression que le ministère du transport joue adéquatement son rôle.

La cause des accidents de la route au Cameroun est connue et très documentée. On ne cherche plus. On sait qu’à plus de 80%, il s’agit du facteur humain et notamment de l’incivisme routier. Ce qu’on critique c’est la politique publique mise en œuvre pour lutter entre autres contre l’incivisme routier : il s’agit de la prévention routière ! La gendarmerie nationale et le ministère du transport s’occupent de cette tâche. Le problème est qu’ils ne font aucune prévention et à peine de la répression. Nous sommes donc dans un système où il faudrait repenser la prévention routière. La politique gouvernementale de la répression routière pose des problèmes de pertinence, d’efficacité, d’efficience et d’impact négatif.

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