L’ancien président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, vient d’être nommé à la tête du Fonds Diamonds for Development, un véhicule créé par le géant diamantaire De Beers et le gouvernement du Botswana pour soutenir le développement économique du pays grâce aux revenus du diamant. L’annonce a été faite le 29 mai 2026 par De Beers, principal producteur mondial de diamants. Le Nigérian prendra officiellement ses fonctions le 15 juin prochain. Il aura pour mission de contribuer à « faire progresser l’industrie diamantifère nationale et soutenir les objectifs de développement » du Botswana, l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants.
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« Le Botswana doit bénéficier directement de la richesse créée par les diamants. Le succès du Fonds établira une référence mondiale sur la manière dont les ressources naturelles peuvent générer une valeur durable pour les générations futures », a déclaré Akinwumi Adesina.
Le pari de l’expérience Adesina
Le choix de l’ancien patron de la BAD repose largement sur son expérience dans le financement du développement en Afrique. À la tête de l’institution panafricaine entre 2015 et 2025, Akinwumi Adesina a notamment supervisé l’augmentation du capital de la Banque de 93 milliards à 318 milliards de dollars, le niveau le plus élevé de son histoire. Selon De Beers, son leadership a également permis de mobiliser plus de 225 milliards de dollars d’intentions d’investissement en Afrique à travers le Forum africain de l’investissement (Africa Investment Forum).
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Le Fonds Diamonds for Development a été créé en 2024 dans le cadre du renouvellement de l’accord de vente de diamants entre De Beers et le gouvernement botswanais. Doté d’un capital initial de 75 millions de dollars, le véhicule vise à financer des projets destinés à diversifier l’économie du pays et à renforcer les retombées locales de l’exploitation diamantifère.
Un secteur fragilisé par la crise du diamant
L’arrivée d’Adesina intervient toutefois dans un contexte difficile pour l’industrie mondiale du diamant. En 2024, le Botswana a vu la valeur de sa production tomber à 1,36 milliard de dollars, légèrement derrière l’Angola (1,41 milliard de dollars), selon les statistiques du Processus de Kimberley. Il s’agissait de la première fois en vingt ans que le Botswana perdait son statut de premier producteur africain de diamants en valeur.
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Cette baisse reflète le ralentissement du marché mondial du diamant, confronté à une demande plus faible et à la montée des diamants synthétiques. Face à cette situation, le Botswana cherche à mieux utiliser les revenus miniers pour accélérer la transformation de son économie et réduire sa dépendance au diamant brut.
Déjà présent dans l’exploitation diamantifère au Botswana, en Namibie, en Afrique du Sud et au Canada, De Beers a multiplié ces dernières années les initiatives visant à renforcer l’acceptabilité économique et sociale de ses activités minières. Le Fonds Diamonds for Development finalise actuellement la nomination d’administrateurs indépendants appelés à siéger à son conseil d’administration.
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