Dans un contexte de pression croissante sur les équilibres de trésorerie du secteur bancaire dans la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque centrale a intensifié ses interventions sur le marché monétaire en avril 2025. Selon les données contenues dans son rapport de politique monétaire publié le 3 juillet, l’Institut d’émission révèle que l’encours moyen journalier des liquidités injectées dans le système bancaire a atteint 1 216,1 milliards FCFA, contre 1 127,8 milliards FCFA trois mois plus tôt. Cette hausse a consisté à compenser un déficit de liquidité bancaire structurel.
En effet, entre janvier et avril 2025, les réserves brutes du système bancaire de la CEMAC, avant les opérations de politique monétaire, ont régressé de 11,0 % (103,2 milliards FCFA), pour se situer à 837,3 milliards en avril 2025. Dans le même temps, si les réserves libres (au-delà du minimum requis) ont progressé pour atteindre 78,2% des réserves obligatoires, contre 61,7% un an auparavant, elles n’ont pas suffi à stabiliser le système. Le déficit de liquidité bancaire, calculé en retranchant les réserves obligatoires des réserves brutes avant intervention de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), s’est ainsi aggravé, passant de 197,6 milliards FCFA en janvier à 315,2 milliards FCFA en avril 2025.
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Cette tension est également visible dans l’évolution du nombre d’établissements bancaires en difficulté de constitution des réserves réglementaires. Ceux-ci sont passés de trois à cinq, en seulement trois mois. Pour amortir ces déséquilibres, la BEAC a utilisé l’ensemble des instruments de refinancement à sa disposition. Ainsi, les opérations principales d’injection de liquidités ont vu leur encours moyen passer de 212,8 milliards à 340,2 milliards FCFA, tandis que les opérations de réglage ont été activées à hauteur de 49,3 milliards FCFA, contre seulement 9,4 milliards trois mois plus tôt. Les avances marginales, plus coûteuses, restent également importantes (719 milliards FCFA), confirmant un besoin de financement immédiat chez plusieurs établissements. Alors que les avances octroyées via le guichet spécial de refinancement, se situent à 107,5 milliards FCFA.
Si ces interventions ont permis d’éviter un resserrement brutal du crédit, elles traduisent une fragilité persistante dans l'équilibre financier du secteur bancaire sous-régional. A moyen terme, elle pourrait restreindre la capacité des banques à financer l’économie réelle, notamment les PME, et poser un risque de liquidité en cas de retrait partiel du soutien monétaire.
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