Le projet de budget 2025 de l'État gabonais est équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 4 204,9 milliards de FCFA, selon ce qui a été validé au terme d’un Conseil des ministres tenu le 12 septembre à Libreville, la capitale du pays. Ce montant est en hausse de 42,9 milliards de FCFA comparativement au budget initialement arrêté en 2024 qui est de 4 162 milliards de FCFA.
Pour réaliser ce budget, les principales hypothèses du gouvernement gabonais sont arrêtées comme suit : un recul de la production pétrolière de 2,1% à 11,125 millions de tonnes métriques en 2025, contre 11,640 millions de tonnes en 2024 ; une chute du prix du baril de pétrole gabonais de 5,1% à 75,0 USD en 2025, contre 79,0 USD le baril dans la loi de finances 2024 ; une augmentation de la production de manganèse de 7,7% à 11,08 millions de tonnes en 2025, contre 10,3 millions de tonnes en 2024.
Aussi, le gouvernement prévoit une hausse du prix de vente du manganèse de 1,2% à 135,7 dollars US la tonne en 2025, contre 134,1 dollars US en 2024 ; une hausse de la production de bois débité de 3,2% à 1,40 million de tonnes en 2025, contre 1,36 million de tonnes en 2024 ; une dépréciation du taux de change du dollar américain de 0,7% à 596,4 FCFA en 2025, contre 600,6 FCFA en 2024.
Les recettes budgétaires nettes des recettes affectées aux tiers, qui comprennent les recettes du budget général et celles des comptes spéciaux, sont évaluées à la somme de 2 879,2 milliards de FCFA, contre 2 729,7 milliards de FCFA arrêtées dans la loi de finances initiale 2024, soit une hausse de 149,5 milliards FCFA. Quant aux ressources de financement et de trésorerie, elles se chiffreraient à 1 208,4 milliards de FCFA, contre 1 327,1 milliards de FCFA arrêtées dans la loi de finances initiale 2024, soit une baisse de 118,7 milliards FCFA, imputable à la réduction des émissions de titres publics sur le marché international.
Les dépenses de l’Etat
Les dépenses de l’État, nettes des affectations aux tiers, évaluées à 4 087,5 milliards de FCFA, sont réparties en dépenses budgétaires (2 794,5 milliards de FCFA) et en charges de financement et de trésorerie (1 292,9 milliards de FCFA). Les dépenses budgétaires, nettes des prélèvements au profit des tiers, seraient en augmentation de 225,7 milliards de FCFA. Elles sont composées des dépenses du budget général, évaluées à 2 562,8 milliards de FCFA, et de celles des comptes spéciaux, prévues pour un montant de 231,7 milliards de FCFA.
Les dépenses du budget général, réparties entre 32 missions de politiques publiques, comprennent : les charges financières de la dette, qui se décomposent en intérêts sur la dette extérieure et intérieure, sont projetées à 349,4 milliards de FCFA, contre un montant de 378,4 milliards de FCFA inscrit dans la loi de finances initiale 2024, soit une baisse de 29 milliards de FCFA ; les dépenses de personnel, composées de la solde permanente, des rémunérations des autres catégories de salariés, des vacations et des indemnités de sessions. Elles se chiffreraient à 825,3 milliards de FCFA, contre 771,7 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale 2024, soit une hausse de 53,6 milliards de FCFA. Cette situation s’expliquerait par la poursuite de la régularisation des situations administratives, les recrutements en cours et annoncés (45,5 milliards de FCFA), les revalorisations des vacations du ministère de l’Éducation nationale (2,5 milliards de FCFA), les émoluments des parlementaires et des magistrats (3,6 milliards de FCFA), ainsi que par les avancements en grade des agents de la Force de Défense et de Sécurité (2 milliards de FCFA).
Bien et services
Les dépenses de biens et services connaîtraient une hausse de 33,3 %, représentant 94,5 milliards de FCFA par rapport à la loi de finances initiale 2024. Elles s’établiraient à 378,6 milliards de FCFA dans le projet de loi de finances 2025. Cette hausse s’expliquerait notamment par l’augmentation des dépenses liées à l’organisation des élections (28 milliards de FCFA), aux remboursements de la TVA (+15,6 milliards de FCFA), à la prise en charge des dépenses de souveraineté et de sécurité (+5 milliards de FCFA), aux frais d’entretien et de location (+2 milliards de FCFA) au financement des besoins des pouvoirs publics (+3,5 milliards de FCFA), ainsi qu’à la prise en compte des primes d’assurance des nouveaux aéronefs (+2,5 milliards de FCFA).
Quant aux dépenses de transferts se stabiliseraient à 350,9 milliards de FCFA, contre 352,2 milliards de FCFA dans la loi de finances 2024, soit une baisse de 1,3 milliard de FCFA due essentiellement à l’ajustement de la dépense des bourses, notamment celles du secondaire. Ces trois dernières rubriques, qui composent les dépenses de fonctionnement de l’État, représentent 60,7% des dépenses du budget général.

