Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques Publiques

Loi des finances 2026 : ce qui change pour la CDEC

La circulaire relative à l’exécution du budget 2026 consacre un ensemble de mesures qui viennent renforcer les prérogatives de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Publiée lundi 2 février 2026 à 11:33:21Modifiée lundi 2 février 2026 à 11:33:23Temps de lecture 7 minPar Pierre Celestin ATANGANA

Le Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun, Richard Evina Obam
Le Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun, Richard Evina Obam

 La circulaire ministérielle sur le suivi et l’exécution des lois de finances au Cameroun pour l'exercice 2026 transforme la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) en une véritable tour de contrôle des flux financiers dormants dans les institutions financières locales et des garanties contractuelles concernant la commande publique. 

Avoirs en déshérence, successions, indemnités de fin de carrière…

L'une des avancées les plus notables concerne la gestion des avoirs non réclamés. Successions vacantes, comptes bancaires inactifs, indemnités de fin de carrière des fonctionnaires décédés, etc., ces fonds, qui autrefois faisaient l'objet de tensions récurrentes, tombent désormais sous le giron exclusif de la CDEC. « Les sommes non réclamées et non grevées de charges, telles que les fonds en déshérence, les successions vacantes ou indivises, ainsi que les indemnités de fin de carrière des agents de l’Etat décédés, doivent être consignées à la CDEC », indique la circulaire.  

Lire aussi : Cameroun : La Caisse des dépôts et consignations réussit son premier investissement sur le marché des titres publics

La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

Ces montants consignés, précise le document, donnent lieu à la délivrance d’un récépissé de consignation, transmis aux ayants droit ou à leur mandataire pour leur déconsignation. « les banques et établissements de microfinance ont l'obligation de déclarer et de reverser ces sommes sous peine de sanctions financières sévères, basées sur le Taux de prêt de facilité marginale de la BEAC, majoré de deux points ».  

Cette mesure, assure-t-on, garantit aux ayants droit, un guichet unique et sécurisé pour la déconsignation de leurs fonds sur simple présentation d’un récépissé officiel. Mais, précise le texte, des modalités particulières de transfert peuvent être établies par le directeur général de la CDEC, en accord avec les entités concernées. 

Marchés publics

L'autre réforme attendue par le secteur privé concerne le cautionnement des marchés publics. Pour le cas du dépôt des garanties, les soumissionnaires doivent désormais présenter un récépissé de la CDEC, vérifiable en ligne pour éviter les fraudes. Sur les sommes maximales garanties, le montant arrêté dans la circulaire doit être constitué de 100 %des garanties et déposé dans un compte ouvert au nom de la CDEC. 

Pour les avances de démarrage ou d’approvisionnement, la réforme introduit un équilibre intelligent. 40 % du montant est déposé directement à la CDEC pour garantir la sécurité de l'État, tandis que les 60 %restants font l'objet d'un engagement bancaire classique. De plus, « les maîtres d’ouvrage ou les maîtres d’ouvrage délégués peuvent, sur autorisation, procéder directement au prélèvement à la source de 40 % du montant total de l’avance de démarrage, à déposer dans le compte de la CDEC ». Pour cela, le Maître d’Ouvrage établit alors un décompte comportant deux inscriptions : 40 % au bénéfice de la CDEC et 60 % au profit du titulaire du marché. 

Par la centralisation et la répartition, l’Etat permet, à travers cette disposition, d'alléger les charges financières des prestataires tout en assurant aux maîtres d’ouvrage une garantie réelle en cas de défaillance. 

Gestion du stock d’or souverain

Au-delà des flux monétaires, la CDEC avec ce texte, est investie de la mission de coffre-fort de la nation. « La conservation du stock d’or souverain du Cameroun est désormais confiée à la Caisse des Dépôts et Consignations », proclame la circulaire. En centralisant ainsi la conservation du stock d’or souverain et les produits des expropriations pour cause d’utilité publique, l'institution devient l’un des pivots de la fortune publique. « La Société nationale des Mines (SONAMINES) a quant à elle été mandatée, à titre exclusif, pour collecter, au nom de l’État, l’impôt synthétique minier libératoire (ISML) et le droit de sortie », peut-on lire dans le document. Selon une source proche du dossier, ces mesures qui interviennent dans un contexte de scandale sur les exportations de quantités d’or du Cameroun, visent à renforcer la transparence et la sécurité dans la gestion des ressources minières en général, et de l’or en particulier qui constitue une richesse stratégique pour le Cameroun.

Indemnités d’expropriation

De plus, il est désormais interdit de cantonner des crédits budgétaires dans des comptes de dépôt au Trésor Public. De fait, chaque franc, chaque lingot d’or, doit désormais être tracé, déclaré et géré par la Caisse, sous la supervision rigoureuse du ministère des Finances.

Lire aussi : Cameroun/Dépôts et consignations : la CDEC projette de collecter 400 milliards de FCFA en 2025

En centralisant les fonds complémentaires des services judiciaires et les indemnités d'expropriation, le Cameroun s’aligne sur les standards internationaux de gestion des dépôts. Désormais, tranche l’une des dispositions de la circulaire, « les indemnités non versées aux bénéficiaires dans le cadre des expropriations pour cause d’utilité publique doivent être consignées à la CDEC ». 

Un fort impact pour l’économie 

Les innovations majeures de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) introduites par la Loi de finances 2026 transforment le paysage financier du pays. D'abord, la centralisation des avoirs en déshérence devrait forcer les banques et micro finances à transférer  vers la CDEC. Ensuite, celle-ci s'affirme comme un levier de financement du développement (SND30). Car, en centralisant ces milliards de FCFA, l'État se dote d'une puissance de frappe financière pour financer des projets d'envergure (autoroutes, barrages, infrastructures sociales) sans dépendre exclusivement de l'endettement extérieur.

Sur le plan de la commande publique, de nombreuses entreprises percevaient l'avance de démarrage puis disparaissaient sans commencer les travaux, laissant ainsi les chantiers à l'abandon. Or avec 40% de cette avance logée à la CDEC, l'État semble désormais disposer d'une garantie réelle et liquide pour recouvrer ses fonds en cas de défaillance. Parallèlement, le Cameroun renforce sa souveraineté minière en confiant à la CDEC la conservation du stock d'or souverain, centralisant ainsi les réserves stratégiques après collecte par la SONAMINES pour stabiliser la crédibilité financière du pays. En effet, dans un contexte mondial de volatilité des devises, l'or est une valeur refuge. Confier ce stock à la CDEC permettrait de renforcer la crédibilité financière du Cameroun vis-à-vis des bailleurs internationaux.

Lire aussi : Richard Evina Obam, DG de la CDEC : « nous déplorons le traitement discriminatoire de la COBAC envers le Cameroun »

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Loi des finances 2026 : ce qui change pour la CDEC
CDECSND30Loi de finances 2026Caisse des Dépôts et Consignations
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CONGO-POLITICS-ELECTIONPolitiques PubliquesCongo : pétrole et gaz pourraient propulser la croissance à 6,9 % en 2027Le Congo table sur un bond de la croissance économique à 6,9 % en 2027 mais redoute quatre chocs qui pourraient priver l'État de recettes considérables à partir de fin 2026.​il y a 8 heuresPêche industriellePolitiques PubliquesPêche : Malabo veut imposer aux industriels de vendre 25 % de leurs prises localementMalabo veut mieux capter les retombées de la pêche industrielle et réduire sa dépendance aux importations de produits de la mer.il y a 12 heuresCapture d’écran 2026-09-14 à 12.59.38Politiques PubliquesDette : le Cameroun explore les Panda Bonds, Samurai Bonds et Sukuk pour élargir ses financementsLe Cameroun étudie l'émission d'instruments de dette libellés en devises asiatiques, voire un Sukuk islamique, pour élargir sa base d'investisseurs au-delà des eurobonds traditionnels.​il y a 14 heuresWhatsApp Image 2026-09-14 at 09.42.37Politiques PubliquesCameroun : Louis-Paul Motazé en opération séduction à Londres pour reconquérir les investisseursRéuni à Marlborough House avec les partenaires financiers du Commonwealth, le ministre camerounais des Finances a présenté un pays « diversifié » et « moins dépendant du pétrole », dans l'espoir de mobiliser une part des 57 milliards d'euros de projets prioritaires de sa Stratégie nationale de développement (SND30).il y a 14 heuresLe président tchadien Mahamat Idriss DébyPolitiques PubliquesS&P maintient la note « B-/B » du Tchad, salue des perspectives économiques « solides »L'agence de notation américaine salue la vigueur retrouvée de la production pétrolière, minière et agricole, ainsi que les premiers effets des réformes fiscales.​il y a 18 heuresCoton et graine de coton après cadrageAgro-industrieLe Tchad interdit l’exportation de graines de coton et de céréalesLe gouvernement veut sécuriser l’approvisionnement intérieur, alors que sa production d’huile de coton reste très inférieure aux besoins du pays.il y a 3 jours

Articles similaires

image_8b7330c2 (1)Business et EntreprisesCameroun : 5,5 milliards FCFA pour financer 1 000 jeunes entrepreneurs via le projet Filets sociauxLe dispositif cible en priorité les entreprises des secteurs jugés porteurs par la Stratégie nationale de développement notamment la construction, le textile, le numérique et l'agro-industrie.il y a 1 semaineEpremiumAfreximBanques et FinanceCameroun : Afreximbank, la BID et la CDEC se positionnent sur le financement des zones industriellesCes institutions ont manifesté leur intérêt pour les projets de zones industrielles de la MAGZI, qui doit mobiliser 1 125,1 milliards de FCFA pour réhabiliter son réseau actuel et aménager 14 nouveaux sites.​il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 5 jours2Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 4 jours3Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 3 jours4CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 12 heures5Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 6 jours6La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 6 jours7La Centrafrique sollicite les banques pour racheter 10 milliards FCFA de dette sur le marché des titres publicsil y a 4 jours8Bamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAil y a 3 jours9RD Congo : les débuts de Tradex contrariés par la démolition d’une station à Kinshasail y a 5 jours10Congo : Thystère Mayanith (Corridor AM) aux commandes d’un nouveau véhicule dédié à l’investissement et à la detteil y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.