Le groupe minier français Eramet a publié ses résultats d’exploitation 2025 marqués par un recul de 10 % de son chiffre d’affaires manganèse, à 1 009 millions d’euros (661,9 milliards FCFA). Ce repli intervient alors même que la production au Gabon a atteint un niveau historique de 7,1 millions de tonnes, en hausse de 4 %. La direction explique que « la performance opérationnelle a été fortement impactée en 2025 par des difficultés logistiques et opérationnelles au port d’Owendo et sur le réseau ferroviaire », ce qui a limité la transformation de la production en ventes.
Concrètement, seuls 5,5 millions de tonnes de minerai ont pu être transportés et commercialisés. Le réseau ferroviaire demeure le principal goulot d’étranglement de la chaîne logistique. Cette contrainte a renchéri le coût de revient à 2,4 $/dmtu (1 458 FCFA/dmtu), une unité correspondant au prix payé pour chaque unité de teneur (1 %) de manganèse contenu dans une tonne de minerai commercialisable. Dans le même temps, l’activité de transformation en alliages — notamment au complexe métallurgique de Moanda — a vu sa rentabilité reculer de 20 %, pénalisée par la baisse des prix aux États-Unis et la hausse du coût des réducteurs, malgré une production stable de 653 000 tonnes.
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Les impacts financiers sont lourds : l’EBITDA — le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements — de l’activité minerai a chuté de 40 % à 271 millions d’euros (177,8 milliards FCFA). Le groupe affiche ainsi une perte nette de 370 millions d’euros (242,7 milliards FCFA, hors SLN) et un endettement porté à 5,5 fois son bénéfice annuel. En réponse, Eramet suspend son dividende pour 2026 et 2027 et prépare un renforcement de fonds propres de 500 millions d’euros (328 milliards FCFA) attendu en 2026.
Cette contre-performance prolonge une année 2024 déjà impactée par la fermeture du marché chinois au minerai riche. La mine de Moanda, exploitée par Comilog — détenue à 63,71 % par Eramet — demeure pourtant l’un des actifs les plus compétitifs du secteur, concentrant 25 % des réserves mondiales avec une teneur moyenne de 46 %. Dans un contexte où Libreville envisage de suspendre les exportations de minerai brut, le groupe accélère désormais ses projets de transformation locale afin de sécuriser ses parts de marché et de s’aligner sur la stratégie de souveraineté industrielle du Gabon.
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