Les séances de cotation se suivent et se ressemblent presque toutes à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac). Malgré l’entrée en vigueur de nouvelles réformes pour la rendre plus dynamique, ce marché fait de plus en plus preuve d’illiquidité. Sur le compartiment obligataire par exemple, aucune transaction n’a été enregistrée depuis plus de 4 semaines. Pour preuve, pas un seul titre n’a été transigé. Pourtant, les offres de vente et d’achat ne manquent pas. A la clôture de la séance de cotation du 10 juin 2024, le volume cumulé de titres offert a atteint 1 914 462, soit 750 pour la valeur « ECMR 6,25 % NET 2022-2029 » ; 118 412 pour « ECMR 6,00 % NET 2023-2027 » ; 300 pour « ECMR 7,25 % NET 2023-2031 », 795 000 pour « BDEAC 5,45 % NET 2020-2027 », 500 000 pour « BDEAC 5,6 % NET 2021-2028 » et 500 000 pour « BDEAC 6 % NET 2022-2029 ». Cette physionomie du marché est, à quelques exceptions près, la même qui prévaut depuis plus d'un mois. Une situation qui renseigne davantage sur l’illiquidité de la bourse sous régionale.
A la Bvmac, l’on décrit un problème de la culture boursière, ainsi que la forte concentration des investisseurs sur les emprunts obligataires du Gabon. L’annonce le 25 mai 2024 du lancement du deuxième appel public à l’épargne de l’État gabonais en l’espace de trois mois seulement a une fois de plus recentré les investisseurs sur cette opération, eux qui étaient déjà préoccupés par la première, lancée en mars 2024. Pour rappel, le pays recherche à travers ces deux levées de fonds, une enveloppe globale de 300 milliards de Fcfa à des taux et tranches multiples.
Cotation journalière, ordre de marché, indice boursier
Afin de relever le niveau de transactions hebdomadaires et de rendre attractif le marché boursier de l'Afrique centrale, la Commission de surveillance du marché de l'Afrique centrale (Cosumaf) a donné quitus à la Bvmac de mettre en œuvre de nouvelles réformes : cotation journalière au fixing, ordre de marché, indice boursier. En réponse au besoin réelle de dynamisation de la Bourse, toutes ces réformes ont été mises à disposition des acteurs du marché financier le 1er décembre 2023. Concrètement, les séances de cotation sont passées de 3 à 5 jours, les titres cotés à la Bvmac s'exécutent désormais en continu pendant les heures de négociation et Bvmac All Share Index, le tout premier indice boursier de la Cemac qui comme le CAC 40 de la France, le Nasdaq des États-Unis ou encore le Masi du Maroc fait de la région, propriétaire d’une identité propre à elle.
Seulement, quelque mois après l’entrée en vigueur de ces réformes, les effets tardent encore à se faire ressentir, surtout sur le compartiment obligataire où sont cotées les obligations des États membres de la Cemac, les obligations des institutions sous régionales (Bdeac) et les obligations privées (Alios Finance). Contrairement à ce compartiment, le marché des actions, lui, connaît quelques transactions au quotidien même si elles ne sont pas énormes. Pour preuve, à la clôture de la séance du 07 juin 2024, deux transactions ont été enregistrées : 5 actions Socapalm échangées au prix unitaire de 49 500 Fcfa pour un montant de 247 500 Fcfa et 186 actions Safacam échangées au prix unitaire de 26 500 Fcfa pour un montant de 4 929 000 Fcfa.

