Trois Trésors nationaux ont activement sollicité le marché des titres publics de la BEAC entre le 9 et le 13 juin 2025, pour une enveloppe globale de 120 milliards FCFA. Il s’agit du Cameroun, du Congo et du Gabon, qui poursuivent leur stratégie de financement par l’émission de titres à court et moyen termes. C’est le Cameroun qui a ouvert le bal le 9 juin, avec deux émissions de Bons du Trésor Assimilables (BTA) d’un montant total de 45 milliards FCFA, répartis sur des maturités de 26 et 52 semaines.
Lire aussi: Titres publics : le Congo échoue à mobiliser 45 milliards de FCFA malgré 36,5 milliards de remboursements
Le 10 juin, le Congo a pris le relais avec trois émissions d’un total de 50 milliards FCFA, combinant des BTA à 26 semaines (20 milliards), 52 semaines (15 milliards) et une Obligation du Trésor Assimilable (OTA) à 4 ans pour 15 milliards FCFA, à un taux d’intérêt de 6,30 %. Le Gabon, quant à lui, est intervenu le 11 juin avec deux OTA : une à 4 ans, pour un montant compris entre 12,5 et 15 milliards FCFA, et une autre à 5 ans, évaluée entre 7,5 et 10 milliards FCFA, les deux rémunérées à 6,5 %.
Tensions persistantes sur le marché
En attendant les résultats définitifs de ces opérations, cette séquence confirme l’intensification du recours aux marchés monétaires par les États de la zone CEMAC, alors que la BEAC a amorcé un assouplissement de sa politique monétaire depuis mars dernier. Toutefois, la liquidité reste tendue, et la multiplication des émissions crée une concurrence directe entre les États émetteurs. Le Trésor camerounais, par exemple, n’a levé que 58,72 milliards FCFA sur les 75 milliards sollicités lors de la semaine précédente (du 2 au 6 juin 2025). À en croire la BEAC, ces opérations émises en BTA 13, 26 et 52 semaines se sont soldées par des taux de rendement moyens pondérés respectifs de 6,31%, 6,80% et 7,29%.
Lire aussi: Titres publics : Les pays de la CEMAC veulent lever 220 milliards FCFA au mois d'avril
Dans un moment charnière où les États de la zone CEMAC cherchent à tirer parti du léger assouplissement de la politique monétaire de la BEAC -amorcé en mars dernier-, la liquidité reste tendue sur le marché monétaire, et la concurrence entre États émetteurs complique les levées de fonds.

