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Marché domestique des capitaux : les pays de la CEMAC prévoient de mobiliser 1 603 milliards FCFA en 2024

Pour financer leur déficit de Trésorerie, le Gabon, le Tchad, la RCA, la Guinée Équatoriale et le Cameroun ont prévu de mobiliser environ 1 603 milliards FCFA de dettes sur le marché des titres publics de la BEAC, si l’on s’en tient aux lois de finance de ces pays consultées par EcoMatin. Un gros défi dans un contexte où les ressources financières se font rares et où la banque centrale multiplie les stratégies pour ponctionner l’excédent de liquidité du secteur bancaire.

Tout au long de l’exercice 2024, 5 des 6 pays qui constituent la zone CEMAC, envisagent de s’endetter à hauteur de 1 603 milliards FCFA sur le marché domestique des capitaux constitué du marché des titres publics de la BEAC et du marché financier de la CEMAC. Il s’agit, dans les détails, du Cameroun (375 milliards), la Guinée Équatoriale (350 milliards), la RCA (200 milliards), le Gabon (578,1 milliards), le Tchad (100 milliards) et la Guinée Équatoriale (350 milliards).

Pour obtenir ces données, EcoMatin s’est appuyé sur les loi de finances 2024 de chacun de ces pays, voté par les parlements et promulgué par les chefs de l’Etat respectifs. Le Congo n’y figure pas car le texte de loi de ce pays d’environ 6 millions d’habitants, n’autorise pas le gouvernement à émettre de nouveaux emprunts sur l’un des marchés domestiques. « Au titre de la présente loi de finances pour l’année 2024, aucune émission de bons et obligations n’est permise sur le marché régional », peut-on lire dans le texte. Même si paradoxalement, et contrairement à la disposition sus évoquée, le Trésor Congolais a déjà réalisé 5 émissions par adjudication sur le marché de la BEAC, ce mois de janvier.

Pour les 5 autres pays, qui ont clairement décliné leur besoin, les trajectoires varient en fonction des charges de Trésorerie et des mécanismes de financement à sa disposition. Par exemple, les 200 milliards FCFA que tentera de mobiliser la Centrafrique représente le double de ce qui était prévu l’année dernière. Le pays est quelque peu contraint car il ne bénéficiera d’aucun appui financier d’institution multilatérale ; faisant du marché des titres publics, son unique levier de mobilisation de ressources de Trésorerie.

Le Gabon fait face à une situation similaire, même si pas de la même intensité. Dans le sillage du coup d’État militaire perpétré en  août 2023, le pays sera privé de plusieurs sources de revenus auprès de certains bailleurs internationaux comme le FMI, la BAD et l’Agence Française de développement.

De ce fait, Libreville entend mobiliser 128 milliards de plus que l’année dernière sur le marché domestique et émettre un eurobond à l’international afin de couvrir ses charges de trésorerie qui, elles, ont cru de 8%.

A contrario, le Cameroun et la Guinée Équatoriale ont réduit leur appétit de 16,6% et 12,5% en glissement annuel, tandis que le Tchad reste sur la même dynamique.   Il faut dire que le besoin exprimé par les pays de la CEMAC est très largement en dessous du voisin de l’UEMOA qui prévoient de lever 9447 milliards de FCFA (environ 15,7 milliards $) sur le marché régional des titres publics dont 4 041,6 milliards FCFA pour la Côte d’Ivoire, première puissance économique de la région.

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