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Banques et Finances

Marché Financier : le Cameroun envisage lancer ses premières obligations vertes dès 2024

L’annonce est de Samuel Tela, le Directeur de la Trésorerie au ministère des Finances à l’occasion de la Finance Week.

Publiée mercredi 4 octobre 2023 à 16:05:07Modifiée mercredi 4 octobre 2023 à 16:14:37Temps de lecture 5 minPar Amina MALLOUM

Samuel Tela, le Directeur de la Trésorerie au ministère des Finances

Dans un contexte où les investisseurs sont un peu trop exigeants sur les taux d’intérêt, au regard de la politique monétaire restrictive mise en place par la Beac pour restreindre l’accès aux financements afin de combattre l’inflation, le Cameroun explore actuellement de nouveaux instruments financiers pour la mobilisation des ressources afin de pallier les besoins ponctuels de trésorerie et financiers certains projets d’investissement.

Le Directeur de la Trésorerie au ministère des Finances Samuel Tela, l’a fait savoir le 30 septembre dernier, à l’occasion de la Finance Week 2023 ; un évènement organisé par le journal EcoMatin. « L’Etat du Cameroun travaille actuellement sur son Environnemental, Social and Governance (ESG) framework pour l’émission des obligations vertes dès 2024.  Ensuite, il a la promotion des fonds de Private Equity dans la sous-région », annonce le responsable au Minifi.

Lire aussi : Comment le durcissement des conditions mondiales augmente l’intérêt des émetteurs pour le marché financier de la Cemac

L’enjeu pour le Cameroun de se lancer dans ce type d’opération réside sans doute sur la frilosité des investisseurs à miser sur les titres de longue maturité. Le constat est clair, les Bons du Trésor assimilables représentent la plus grande portion des obligations souscrites par les investisseurs du marché financier. Pour les maturités de 13 semaines, 26 et 52 semaines, l’on observe une véritable bousculade avec un taux de souscriptions de 73,9%. Mais au- delà de cinq ans, les taux menacent la barre de 0%. «On relève une réelle aversion du marché pour les titres de maturité supérieure à 5 ans, soit pour le long terme ; et de fait, cela constitue un risque de refinancement à cause des ressources à court terme », décrit  le directeur de la Trésorerie. 

Pour inverser la tendance, il faut donc tordre le cou aux obstacles à la mobilisation de l’épargne longue. Surtout que « le contexte actuel met en avant des enjeux tels que la transition énergétique, les objectifs de développement durable, et la lutte contre le changement climatique. Du coup, les investisseurs sont de plus en plus conscients de l'importance de prendre en compte ces enjeux dans leurs décisions d’investissement », détaille Samuel Tela.  Les fonds durables ou verts se concentrent  effectivement sur des investissements qui ont un impact environnemental et social positif. « Ils mobilisent des ressources à long terme en attirant des investisseurs sensibles aux enjeux de durabilité et qui souhaitent soutenir des projets et des entreprises à long terme », précise Samuel Tela.

Lire aussi : Marché des capitaux : face aux conditions du marché, le Cameroun envisage de diversifier ses instruments de financement

Un instrument peu couru

En zone ce Cemac, cet instrument est encore peu couru des États  pourtant, les Obligations vertes,  sont  vecteurs de développement du marché financier unifié de l’Afrique Centrale. Lors d’un forum organisé par la Beac en mai dernier, le gouverneur de la Beac faisait savoir à ce sujet   que le marché des obligations vertes dans la Cemac aiderait à « surmonter les défis liés à la diversification de l’offre des produits et services financiers et à la mobilisation de l’épargne à long terme pour le financement des investissements verts. La clarté apportée par l’unification du marché financier sous-régional pourrait attirer de nouveaux investisseurs intéressés par les actifs verts », indique Abbas Mahamat Tolli.

Ces fonds permettront  ainsi aux investisseurs d'accéder à des opportunités d'investissement à long terme dans des entreprises ou des projets de la région Cemac et de répondre aisément à l’équation du haut du bilan : Ressources stables = Emplois stables.

Le recours aux obligations vertes  envisagé par le Cameroun cadre avec la vision des Chefs d’Etat de la Cemac  qui recommandaient, lors du sommet extraordinaire du 18 août 2021,  « de poursuivre la conception et la mise en œuvre des politiques environnementales visant notamment la lutte contre le changement climatique et la dégradation de l’écosystème ainsi que la mobilisation des financements afférents ».

Lire aussi : Emprunt obligataire 2023 : face aux conditions du marché, le Cameroun réduit l’enveloppe à 150 milliards de Fcfa

A ce jour, les premières émissions d’obligations vertes de la zone CEMAC ont été menées avec succès par Africa Bright Securities, pour le compte de la société gabonaise Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT). L’opération a porté sur deux emprunts obligataires verts  « FMCT 2021-2026 », pour un montant global de 20 Milliards rémunérés au taux annuel de 7,50% brut sur une période de 5 ans, dont 2 de différé en capital.

Au demeurant, l’obligation verte est un titre de dette émis sur un marché financier et destiné à financer des projets de lutte contre le réchauffement climatique, de soutien à la transition.

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