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Marché financier : le Congo veut introduire quatre entreprises à la BVMAC

Le Congo emboite le pas à la Guinée équatoriale qui avait ouvert le bal en mars 2020 avec trois entreprises. Les autres pays devraient suivre.

La bourse des valeurs mobilières de l’Afrique Centrale (Bvmac) devrait enregistrer de nouvelles entreprises à sa cote cette année. La banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) examine depuis quelques mois les structures proposées par les gouvernements de la Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (Cemac). Le dernier en date, apprend-on des sources proches de la Beac, c’est le gouvernement du Congo.

Courant septembre 2020, le ministère congolais des Finances et du Budget a transmis à la Beac une liste de quatre premières entreprises proposées pour une entrée à la Bvmac. Selon les mêmes sources, il s’agirait de l’opérateur historique de la téléphonie, d’un producteur d’eau et deux d’électricité.

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S’agissant de l’opérateur historique de la téléphonie, Congo Telecom, son nouveau directeur général, Yves Castanou, ne cache pas ses ambitions : « devenir le premier opérateur, et le premier acteur du secteur du numérique dans cinq ans en connectant 300 000 foyers et en proposant une multitude de services aux professionnels. » Grâce au plan stratégique « Transform », l’entreprise entend également se lancer dans un avenir proche sur le marché de la téléphonie mobile au Congo. Compte tenu du contexte de crise sanitaire, la structure ne sollicite pas l’appui financier de l’Etat. Congo Telecom compte lever des fonds auprès de ses partenaires et, sans doute, sur le marché financier sous régional.

De son côté, la Congolaise des eaux (Lcde) met en œuvre ces derniers temps un plan de réhabilitation et d’extension de son réseau de distribution d’eau potable. Pour la ville de Brazzaville par exemple, il s’agit d’étendre le réseau de 690 km, de renouveler le réseau de 211 km, de procéder au remplacement de 3 pompes pour un débit total de 225 m3/h et 83 vannes du réseau primaire de distribution, construire une station de pompage de 37 m3/h et réaliser 62 631 branchements. De quoi solliciter les marchés…

Les deux autres candidats qui frappent à la porte de la Bvmac sont Énergie électrique du Congo (E2C), entreprise publique du secteur (30% de la production nationale) et Centrale électrique du Congo (CEC), producteur indépendant qui assure 70% de l’offre. Pour les deux concurrents, l’accès à la bourse sous régionale est une opportunité de mobiliser des ressources nécessaires pour financer le plan de développement. CEC ambitionne ainsi de porter sa capacité installée de 487 MW actuelle à 900 MW en 2027.

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Engagements présidentiels

En soumettant sa liste des premières entreprises qui pourraient entrer à la Bvmac, le Congo emboite ainsi le pas à la Guinée équatoriale qui avait ouvert le bal en mars 2020 avec trois entreprises. Les autres pays devraient suivre.

Au cours du Comité de pilotage (Copil) du programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac) tenu le 18 décembre 2020 à Brazzaville, il a été demandé aux de transmettre à la Beac [Banque des États de l’Afrique centrale] dans les meilleurs délais, la liste des entreprises publiques susceptibles d’être cotées en bourse ». Pour ce faire, le Copil a également recommandé d’organiser une large campagne de sensibilisation auprès des entreprises publiques et privées afin de les encourager à se positionner sur le marché financier de la zone.

Lors du sommet des chefs d’Etat de la Cemac tenu en octobre 2017 à N’Djaména, les Etats membres avaient décidé de procéder, dans un délai de 24 mois [à compter du 19 février 2018, Ndlr], à « la cession partielle ou totale en bourse de leurs participations dans le capital des entreprises publiques, parapubliques ou issues des partenariats public-privé, notamment dans le cadre des programmes de privatisation ; l’adoption des cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en bourse du capital d’entreprises ayant pour profession habituelle la gestion ou la conservation de l’épargne publique (banques, compagnies d’assurance, etc.) ; l’adoption des cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en bourse du capital d’entreprises multinationales ou filiales de multinationales exerçant leurs activités sur le territoire des Etats membres ; l’adoption des mesures incitatives permettant d’assurer le recours des entreprises des secteurs économiques stratégiques aux marchés financiers (…) ».

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