Le Trésor public gabonais a ouvert, depuis le 27 novembre 2024, les souscriptions sur sa quatrième émission obligataire par appel public à l’épargne de l’année. Dénommée « EOG multi-tranches 2024-2030 », cette opération vise à mobiliser 80 milliards de Fcfa auprès des investisseurs de la Cemac. Une enveloppe qui servira d’une part à financer le Plan National de Développement pour la Transition, a appris EcoMatin. Comme ses trois précédents emprunts, le Gabon a opté pour des taux variables assortis de plusieurs maturités : 6,60 % pour la A (3 ans), 6,75 % pour la B (4 ans) et 7 % pour la C (6 ans). Les fonds à collecter sur les différentes maturités respectives sont 65 milliards de Fcfa pour la A, 10 milliards de Fcfa pour la B et 5 milliards de Fcfa pour la C.
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Pour mener à bien cette opération, le Gabon a une nouvelle fois mandaté les sociétés de bourses camerounaises. 12 des 14 sociétés de bourses chargées de mener cette opération dénommée « EOG MULTI-TRANCHES 2024-2030 II » sont basées au Cameroun. L’arrangeur principal et chef de fil de cette opération est la société camerounaise Building Emerging Markets Securities (BEM Securities), dirigée par Frédéric Yifomnjou. C’est la deuxième opération du Gabon que pilote cette société après celle de mai dernier dont l’objectif était de mobiliser la somme de 200 milliards de Fcfa. Sur cette opération, Libreville n’a mobilisé qu’un faible taux de souscription de 24,2 %. Pourtant, l’émetteur avait annoncé une prime de 500 Fcfa sur chaque titre acheté (10 000 Fcfa). Selon l’origine des souscripteurs, 83,59 % du montant a été octroyé par des investisseurs camerounais, contre 5,5 % par des gabonais. Selon le type, BEM Securities sera accompagnée de co-arrangeurs basés au Cameroun, à l’instar de d’Attijari Securities Central Africa (Asca), filiale du Marocain Attijariwafa Bank pour l’Afrique centrale, ainsi que d’Afriland Bourse, Horus Investment Capital, et de EDC Investment Corporation. Les agents placeurs de cette opération sont également majoritairement des sociétés basées au Cameroun.
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L’échec de cette opération s’explique par trois raisons. D’abord, les conditions d’emprunt extrêmement rigides du marché financier de la Cemac causées par le resserrement de la politique monétaire mise en place par la Beac afin de combattre l’inflation galopante dans la région. L’autre facteur qui pourrait expliquer ce faible taux de souscription c’est la frilosité des émetteurs vis-à -vis du Gabon. Ce pays a été le théâtre d’un coup d’État militaire en août 2023. Dans une récente évaluation, l’agence américaine de notation Fitch Ratings mentionnait que les opérations d’emprunt du Gabon pourraient être difficiles. Elle expliquait d’ailleurs que des « incertitudes politiques » pourraient rendre les investisseurs réticents à participer à ces opérations du Gabon malgré la promesse des autorités de transition d’organiser un dialogue national pour rédiger une nouvelle constitution et un nouveau code électoral afin d’organiser des élections libres et équitables, en août 2025. A ceci on peut rajouter, le scandale des dettes cachées qui a conduit la Cobac à attribuer une pondération de 100 % sur ses emprunts en 2024 et 2025.

