Lancé le 15 juin 2023 sur le marché financier de la Cemac, l'emprunt obligataire de l'État du Gabon dénommé « EOG 6,25 % NET 2023-2028 » avait été bouclé avec succès en deux mois. ESS Bourse, l'arrangeur principal de l'opération, indiquait même avoir mobilisé pour le compte du trésor gabonais une enveloppe de 154,6 milliards de Fcfa sur 150 milliards initialement recherchés, soit un écart positif de 4,6 milliards de Fcfa représentant un taux de souscription de 103,07%. Le montant collecté devait servir à apurer une partie de la dette du pays et à financer les projets prioritaires retenus dans le cadre du plan d'accélération de la transformation de l'économie gabonaise.
L’opération était alors rémunérée au taux de 6,25 % sur 5 ans, avec des intérêts payés annuellement à partir de la première date d'anniversaire du titre, tandis que l'amortissement du capital était censé démarrer à partir de la 2e année, c’est-à-dire en 2025. Seulement, un an, après que les fonds aient été levés, on ignore si le détachement du coupon a effectivement eu lieu. La raison ? L’emprunt n’a toujours pas été inscrit à la cote de la Bvmac, comme le prévoient les règles de l’appel public à l’épargne sur le marché financier de la Cemac. Une première depuis la fusion des places boursières de la Cemac.
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Dans le document d’information relayée auprès du public, il est pourtant bien précisé que les titres devraient être introduits à la cote. « Une demande d’admission à la cote sera introduite auprès de la Bvmac par le chef de file dans un délai maximum de trois (3) mois suivant la date de clôture de l’opération. Le volume total des titres inscrits à la Bvmac correspondra à la totalité́ des souscriptions définitivement allouées aux agents placeurs, y compris la prise ferme », pouvait-on lire dans le document.
Au 3 septembre 2024, cette obligation n’a pas été respectée flouant ainsi les règles du marché. Il ne s’agit pas d’une simple formalité ; la cotation sur le marché boursier est un indicateur de crédibilité pour l’émetteur. Ceci permet à l’investisseurs de suivre l’évolution de ses titres en toute transparence, mais également de les s’ils ont besoin de liquidités et dégager éventuellement des plus-values.
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Quoiqu’il en soit, cette non-cotation jette le discrédit sur le marché financier de la Cemac. A date, ni l’État gabonais, encore moins ESS Bourse, la Bvmac et la Cosumaf n’ont communiqué sur cet incident, renforçant davantage les inquiétudes des investisseurs ayant participé à l’opération. « C’est très inquiétant pour notre marché qu’un émetteur piétine ainsi les règles du marché sous le silence du régulateur. Ce genre de manquement devrait être sanctionner si on veut rendre notre marché attractif » commente un acteur du marché.
Soulignons également que l’État gabonais a émis en mai 2024 un autre emprunt par appel public à l’épargne de 200 milliards de Fcfa en mai dernier. Cinq mois après, aucune suite n’est donnée à l’opération et les acteurs concernés se refusent tout commentaire.

